Pro-Trump, le dessinateur est connu pour être un proche de Mike Cernovich, une figure de l’Alt-Right américaine, promoteur de la théorie du complot sur le « Pizzagate ».

Vendredi dernier, le dessinateur pro-Trump Ben Garrison a fièrement partagé sur son compte Twitter une invitation à participer à une table-ronde sur les réseaux sociaux qui doit se tenir ce jeudi 11 juillet à la Maison-Blanche. Le but de ce « sommet » est d’aborder les politiques mises en place par les grands opérateurs de réseaux sociaux pour lutter contre la haine en ligne, politiques qui, selon Donald Trump, pourraient menacer la libre expression des voix conservatrices.

En 2017, Ben Garrison avait diffusé un dessin figurant le philanthrope juif américain George Soros sous l’aspect d’un marionnettiste de l’ombre contrôlant respectivement le général McMaster, conseiller à la sécurité nationale à l’époque, et le général Petraeus, à la retraite. Le dessin s’inscrivait pleinement dans une iconographie complotiste selon laquelle les Juifs tirent les ficelles du monde dans les coulisses. En effet, pour qu’aucun doute ne puisse subsister sur ce point, Soros était présenté comme étant lui-même manipulé par une main verdâtre en arrière-plan : sur la manche recouvrant l’avant-bras, on pouvait lire distinctement le nom « Rothschilds ».

Garrison avait révélé sur son site que le dessin en question lui avait été commandé par son ami Mike Cernovich. Figure de l’Alt-Right américaine, Cernovich est l’un des promoteurs de la théorie du complot sur le « Pizzagate », selon laquelle Hillary Clinton et d’autres élus démocrates dirigeraient secrètement un vaste réseau pédophile dont la plaque tournante serait une pizzeria de Washington.

L’organisation américaine de lutte contre l’antisémitisme, l’Anti-Defamation League (ADL), avait immédiatement dénoncé le caractère antisémite du dessin, décrivant Garrison comme « un artiste connu pour des dessins puisant dans des thématiques droitières, hostiles au gouvernement et conspirationnistes ». Dans un autre dessin, consacré à la situation en Syrie, il suggérait ainsi clairement que la région avait été ravagée par des « opérations sous faux drapeau ».

Interpellée par plusieurs journalistes et dessinateurs de presse sur les réseaux sociaux pour la caution qu’elle apporte à Ben Garrison, la Maison-Blanche n’a pour l’instant pas réagi.

Mise à jour (11/07/2019) :

Ben Garrisson a finalement annoncé sur son compte Twitter que son invitation à la Maison-Blanche avait été annulée.