Ce week-end, le neuvième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 a coïncidé avec la Fête de l’Huma où, pour la quatrième année consécutive, les amis de Thierry Meyssan avaient un petit stand rien qu’à eux. Ce week-end a également vu le site web du Monde offrir une publicité inespérée à leurs thèses conspirationnistes. Seul à sauver l’honneur : Le Monde libertaire.

Dans son dernier numéro, l’hebdomadaire de la Fédération anarchiste nous propose un texte de Valéry Rasplus éclairant les théories du complot sur le 11-Septembre à la lumière de l’« hypercriticisme », défini comme un excès de critique. Autrement dit : un travestissement de la démarche scientifique. L’auteur de l’article cite en particulier cet extrait de l’Introduction aux études historiques (1898) des historiens positivistes Charles-Victor Langlois et Charles Seignobos :

« C’est l’excès de critique qui aboutit, aussi bien que l’ignorance la plus grossière, à des méprises. C’est l’application des procédés de la critique à des cas qui n’en sont pas justiciables. L’hypercritique est à la critique ce que la finasserie est à la finesse. Certaines gens flairent des rébus partout, même là où il n’y en a pas. Ils subtilisent sur des textes clairs au point de les rendre douteux, sous prétexte de les purger d’altérations imaginaires. Ils distinguent des traces de truquage dans des documents authentiques. État d’esprit singulier ! à force de se méfier de l’instinct de crédulité, on se prend à tout soupçonner. – Il est à remarquer que plus la critique des textes et des sources réalise de progrès positifs, plus le péril d’hypercritique augmente. En effet, lorsque la critique de toutes les sources historiques aura été correctement opérée (pour certaines périodes de l’histoire ancienne, c’est une éventualité prochaine), le bon sens commandera de s’arrêter. Mais on ne s’y résignera pas : on raffinera, comme on raffine déjà sur les textes les mieux établis, et ceux qui raffineront tomberont fatalement dans l’hypercritique ».

Voir aussi :
* Alternative libertaire propose un dossier sur le conspirationnisme
* Peut-on douter de tout ? Tocqueville et Wittgenstein contre Bigard et Kassovitz, par Philippe Corcuff