Près d’un Américain sur deux croit en au moins une théorie du complot en matière médicale. C’est le résultat d’une étude de J. Eric Oliver et Thomas Wood, chercheurs en sciences politiques à l’université de Chicago, publiée le 17 mars dernier dans le Journal of the American Medical Association (“Medical Conspiracy Theories and Health Behaviors in the United States”).

Réalisée entre août et septembre 2013, l’enquête a porté sur 1351 Américains adultes qui ont répondu à un sondage en ligne. Elle révèle que 12 % des sondés pensent que « la CIA a délibérément infecté un grand nombre d’Afro-Américains avec le virus du SIDA en faisant passer l’opération pour un programme de vaccination contre l’hépatite ». Ils sont trois fois plus nombreux (37%) à adhérer à l’énoncé selon lequel « la Food and Drug Administration [l’agence américaine du médicament – NDLR] déconseille délibérément le public d’avoir recours à des traitements naturels du cancer et d’autres maladies en raison des pressions exercées par les compagnies pharmaceutiques » (contre 32 % qui ne sont pas d’accord avec cette assertion).

Les autres assertions testées sont relatives à la fluoration de l’eau, à la nocivité supposée des téléphones portables ou des OGM, et à la croyance en l’existence d’un lien entre la vaccination et l’autisme.

L’enquête met également en évidence une corrélation entre le conspirationnisme « médical » et la propension à se soigner par les plantes : 35 % de ceux qui croient en au moins trois des énoncés conspirationnistes proposés ont ainsi eu recours à des compléments alimentaires à base de plantes contre 13 % chez les personnes qui n’y adhèrent pas.

Sources : JAMA Internal Medicine, 17 mars 2014 ; Reuters, 18 mars 2014.