Venezuela : l'opposant Henrique Capriles, cible de la théorie du complot
Les partisans du président Chávez attaquent violemment le candidat de l’opposition pour les élections présidentielles d’octobre 2012. Une campagne de dénigrement aux relents antisémites…

Le week-end dernier, 3 millions de Vénézuéliens sont allés voter pour désigner celui qui sera le candidat unique de l’opposition pour affronter Hugo Chávez aux élections présidentielles d’octobre 2012. Le vainqueur de la primaire s’appelle Henrique Capriles Radonski.

Gouverneur de l’Etat de Miranda, Capriles, 39 ans, dirige le parti centriste Primero Justicia. Se décrivant lui-même comme un « catholique fervent », cet avocat de formation dit puiser son inspiration dans le bilan de l’ancien président brésilien Lula qui « a su combiner initiative privée et politique sociale ». Les médias « bolivariens » dénoncent quant à eux en Henrique Capriles un « bourgeois » doublé d’un « fasciste ».

Dans son numéro daté du 11 au 17 février 2012, l’hebdomadaire pro-Chávez Kikirikí a ainsi publié en première page une photo (ci-dessus) du candidat de l’opposition retouchée de manière à lui faire arborer une étoile de David au revers de sa veste. Un montage qui semble destiné à souligner les origines d’Henrique Capriles Radonski dont les grands-parents maternels – il ne s’en cache pas – sont des Juifs d’Europe de l’Est rescapés de la Shoah.

Le 13 février, la Radio nationale du Venezuela (RNV) a enfoncé le clou en mettant en ligne sur son site – qui dépend du gouvernement vénézuélien – un texte d’Adal Hernandez entièrement consacré au leader de l’opposition et intitulé « L’Ennemi est le Sionisme ». L’article reproche à Capriles (« le sioniste ») d’être lié secrètement à « l’oligarchie », la CIA, l’Opus Dei, et l’Etat d’Israël. Il conclut en expliquant que la présidentielle d’octobre 2012 se jouera entre « la révolution bolivarienne (…) et le sionisme international, qui menace de détruire la planète que nous habitons » (sic).

Des propos qui font échos à ceux d’Hugo Chávez. Dans la lettre qu’il a adressée au Secrétaire général des Nations Unies pour appuyer la demande de reconnaissance de l’Etat palestinien, le président vénézuelien écrivait que « c’est Israël qui dirige et fixe la politique étrangère des Etats-Unis au Moyen-Orient » (lire : Sharon et le « contrôle juif de l’Amérique »).

Accusées à plusieurs reprises de complaisance à l’égard de l’antisémitisme, voire d’attiser délibérément le ressentiment contre les Juifs, les autorités vénézueliennes n’ont cessé d’affirmer officiellement qu’elles condamnaient tout racisme à l’égard de quelque communauté que ce soit. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez, la moitié de la petite communauté juive du Venezuela a cependant quitté le pays.

Voir aussi :
* Quand Hugo Chávez célèbre un idéologue négationniste et conspirationniste
* Les Protocoles des Sages de Sion s’invitent sur la radio nationale vénézuélienne