De 1941 à 1945, l'Allemagne nazie tente d'exterminer les juifs d'Europe. Par les privations, le travail forcé, les exécutions de masse et le gazage, entre 5 et 6 millions d'êtres humains sont tués. Au sortir de la guerre, un silence gêné entoure cette question. Le sort réservé à la communauté juive est connu, mais les discours officiels ne le distinguent pas des autres exactions subies par le reste des populations européennes. Au procès de Nuremberg chargé de juger les crimes nazis, aucun survivant juif n'est appelé à témoigner. Certains nostalgiques du Troisième Reich et de Vichy vont profiter de ce non-dit pour tenter de faire de la destruction des juifs d'Europe un non-événement. Rapidement, ils sont rejoints par d'étonnants alliés de circonstance venus des rangs de la gauche française. Tous répandent l'idée que le génocide n'aurait en réalité jamais eu lieu : les juifs auraient tout inventé pour obtenir de l'argent et justifier la création de l'Etat d'Israël. En compagnie de Valérie Igounet, historienne et directrice adjointe de l'Observatoire du conspirationnisme, nous remontons aux origines de cette théorie complotiste.