Rudy Reichstadt et Tristan Mendès France décryptent et analysent, dans ce nouveau numéro de Complorama, comment la complosphère utilise la rhétorique démoniaque. "Les démons de la complosphère", c'est le 103è numéro de Complorama.
Dans ce nouveau numéro de Complorama, nous n'allons pas parler de l'affaire Epstein, mais un peu quand même. Nous partons du mot "démon" qui serait associé à un compte bancaire du délinquant sexuel, aujourd'hui disparu. "Les démons de la complosphère", c'est le 103è numéro de Complorama.
Epstein est qualifié de "démon" par certains, mais dans ce podcast, nous nous intéressons à une figure satanique associée à l'un de ses comptes bancaires. Il s'agit de "Baal", qui apparaitrait sur un document.
"Baal" est souvent associé à une figure démoniaque. Il n'en fallait pas plus pour enflammer la complosphère.
À la question sur un compte bancaire au nom de "Baal" ayant appartenu à Jeffrey Epstein, la réponse de Tristan Mendès France, maître de conférences associé à l’université Paris-Cité, spécialiste des cultures numériques est directe : "Non", ajoutant : "Le document original a été mal scanné". Le mot "bank" aurait, en effet, été transformé en mot "Baal" et, pour Tristan Mendès France : "ça a suffi évidemment pour allumer la complosphère internationale".
Est ce qu'Epstein avait nommé un de ces comptes au nom d'une divinité démoniaque ?
Spoiler : non.
Mais voyons cela plus en détails. pic.twitter.com/9ErtfsgOQb
— Antonin Atger (@AntoninAtger) February 2, 2026
Dans les hautes instances dirigeantes américaines, l'utilisation des figures démoniaques est également utilisée. Paula White qui dirige le bureau de la foi à la Maison Blanche, est "convaincue d'être à la tête d'une guerre spirituelle contre les démons pour Trump" elle pense que le mouvement "Black Live Matter" serait "serait une émanation justement de l'antéchrist" selon Tristan Mendès France.
Donald Trump, lui même, fait quelques références aux "démons" notamment lorsqu'il évoque le Parti Démocrate le qualifiant, selon Rudy Reichstadt, directeur de Conspiracy Watch, de "parti très démoniaque". L'ex-numéro deux du FBI, qui a démissionné, évoquait lui "l'énergie démoniaque bien réelle". Rudy Reichstadt ajoute à sa liste, une candidate Républicaine pro-Trump, Kandiss Taylor, qui se "présente au Congrès en expliquant incarner Jésus".
Christine Boutin, qui a été ministre de Nicolas Sarkozy, présidente du Parti Chrétien Démocrate et très opposé au mariage pour tous pense que le président de la République "est possédé par le Diable". Elle l'a dit sur le média Tocsin en novembre 2024, et cela viendrait du résultat de l'élection présidentielle de 2017, pour Tristan Mendès France, "elle voyait l'œuvre de Satan dans le score d'Emmanuel Macron au second tour" où disait-elle, "il avait accumulé 66,06 % des voix. 6 étant le chiffre du diable, le chiffre de la bête, même s'il se trouve que le score sera finalement de 66,10%" conclu le spécialiste des cultures numériques.
L'invocation du satanisme n'est pas qu'un phénomène américain ou occidental. On la retrouve aussi dans la propagande russe. Tristan Mendès France nous explique que "la rhétorique sataniste est utilisée comme un outil politique par le pouvoir russe" citant un discours officiel de Vladimir Poutine, en 2022 qui "assimile tout l'Occident au satanisme".
Le spécialiste des cultures numériques ajoute aussi l'utilisation, par des candidats du parti Russie-Unie, d'affiches "liant homosexualité et satanisme pour désigner et dénigrer un ennemi". Enfin, plus récemment, en 2025, "la propagande russe a aussi prétendu que le symbole du trident ukrainien serait d'origine démoniaque ce qui n'est évidemment pas le cas".
Le 103e numéro de Complorama est un épisode avec Rudy Reichstadt, directeur de Conspiracy Watch, et Tristan Mendès France, maître de conférences associé à l'université Paris-Cité, spécialiste des cultures numériques et membre de l'observatoire du conspirationnisme. Un podcast à retrouver sur le site de franceinfo, l'application Radio France et plusieurs autres plateformes comme Apple Podcast, Podcast Addict, Spotify, Deezer. Et retrouvez Complorama sur la chaine YouTube de franceinfo
Depuis dix-huit ans, Conspiracy Watch contribue à sensibiliser aux dangers du complotisme en assurant un travail d’information et de veille critique sans équivalent. Pour pérenniser nos activités, le soutien de nos lecteurs est indispensable.