Conspiracy Watch | l'Observatoire du conspirationnisme
Conspiracy Watch | l'Observatoire du conspirationnisme

Infox de proximité

Contenu Premium réservés aux abonnés
Contenu réservé aux abonnés
Partager :
Publié par David Medioni08 mars 2026

Retrouvez chaque semaine notre édito exclusif en vous abonnant à notre newsletter.

Capture d'écran du faux site Sud-Ouest Direct (14/10/2025).

Dimanche prochain se tiendra le premier tour des élections municipales. Un scrutin qui, lui aussi, est entré dans le champ de la guerre informationnelle. Dans son bulletin du 27 février, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) indiquait qu’« une opération d’ingérence numérique étrangère ciblant spécifiquement les élections municipales 2026 a été détectée et caractérisée ».

Le document décrit une stratégie visant à alimenter la défiance envers les médias français par la création de faux sites d’information locale. C’est un point important. On réduit souvent la désinformation à la propagation de contenus trompeurs. Or, ce qui est imité désormais, c'est aussi l’environnement qui permet de les reconnaître comme vrais ou faux : un nom de domaine proche de celui d’un journal local, une maquette familière, un article reprenant les codes de la presse de proximité.

Ce contenu est réservé à nos abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Envie de lire la suite ?
Les contenus de Conspiracy Watch en intégralité à partir de 5,00 €/mois

En savoir plus
[custom-twitter-feeds feed=1]

Inscrivez-vous à notre newsletter 

Capture d'écran du faux site Sud-Ouest Direct (14/10/2025).

Dimanche prochain se tiendra le premier tour des élections municipales. Un scrutin qui, lui aussi, est entré dans le champ de la guerre informationnelle. Dans son bulletin du 27 février, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) indiquait qu’« une opération d’ingérence numérique étrangère ciblant spécifiquement les élections municipales 2026 a été détectée et caractérisée ».

Le document décrit une stratégie visant à alimenter la défiance envers les médias français par la création de faux sites d’information locale. C’est un point important. On réduit souvent la désinformation à la propagation de contenus trompeurs. Or, ce qui est imité désormais, c'est aussi l’environnement qui permet de les reconnaître comme vrais ou faux : un nom de domaine proche de celui d’un journal local, une maquette familière, un article reprenant les codes de la presse de proximité.

Viginum, le service de détection des ingérences numériques étrangères, le souligne dans son guide de sensibilisation aux municipales : usurpation d’identité d’un média, typosquatting ou faux reportages font désormais partie des techniques à surveiller. On en a déjà des exemples concrets. Ces derniers mois, plusieurs faux sites au nom plausible ont circulé, comme « Info Grand Est », « Sud-Ouest Direct », « L’Actualité provençale » ou « Normandie Actu Infos ». Leur principe est simple : reprendre les codes visuels de titres de la presse régionale pour publier des contenus polarisants, souvent centrés sur l’immigration, l’insécurité ou la défiance envers les institutions. En 2024, année des européennes et des législatives, Viginum avait détecté 25 tentatives d’ingérences numériques étrangères. Le service de l'État vient d’annoncer que le site internet officiel de Pierre-Yves Bournazel, tête de liste du centre-droit aux municipales à Paris, avait été visé cette semaine par une opération d’ingérence liée à un groupe russe.

À l’échelle locale, ces procédés peuvent produire des effets redoutables. Une rumeur sur une école, un lieu de culte, un projet urbain ou une agression ; une capture d’écran relayée dans un groupe Facebook ou WhatsApp. Une fausse information n’a pas besoin d’être extrêmement virale pour produire son effet : comme l’a montré David Colon, la guerre informationnelle cherche moins à convaincre qu’à brouiller les repères et à miner la confiance. C’est aussi ce que dit la doctrine du SGDSN.

L'intégrité des processus électoraux ne se défend pas seulement par des outils techniques. Elle nécessite également une presse locale solide, des élus peu perméables aux emballements numériques et des citoyens vigilants quant aux tentatives de manipulation dont ils sont la cible.

[custom-twitter-feeds feed=1]

Inscrivez-vous à notre newsletter 

Depuis dix-huit ans, Conspiracy Watch contribue à sensibiliser aux dangers du complotisme en assurant un travail d’information et de veille critique sans équivalent. Pour pérenniser nos activités, le soutien de nos lecteurs est indispensable.  

Faire un don !
à propos de l'auteur
[show_profile_image]
David Medioni
Journaliste indépendant, David Medioni anime l'émission « Les Déconspirateurs ». Il collabore à Franc-Tireur, La Tribune et CB News. Directeur de l'Observatoire des médias de la Fondation Jean-Jaurès, il est également le fondateur et le rédacteur en chef du magazine littéraire en ligne Ernest. Essayiste, il a publié plusieurs essais aux éditions de l'Aube : Être en train. Récits sur les rails, Eloge de la séduction, L'an zéro du tourisme (avec Jean Viard), et Quand l'info épuise (avec Guénaëlle Gault).
TOUS LES ARTICLES DE David Medioni
Partager :
Conspiracy Watch | l'Observatoire du conspirationnisme
Bluesky
© 2007-2026 Conspiracy Watch | Une réalisation de l'Observatoire du conspirationnisme (association loi de 1901) avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.
cross