VENEZUELA. Le 20 mai 2018, le président vénézuélien Nicolas Maduro a été réélu avec près de 68% des voix et une abstention record de 54%, au terme d'un processus électoral boycotté par l'opposition et critiqué pour son absence de garanties démocratiques par les Etats-Unis, l'Union européenne et l'Organisation des Etats américains. Lors de sa prestation de serment devant l'Assemblée constituante, un organe exclusivement composé de ses partisans et créé à l'été 2017 dans le but de court-circuiter un Parlement qui lui était hostile, le chef de l'Etat vénézuélien a dénoncé une nouvelle fois une « conspiration » américaine contre son pays (source : Libération/AFP, 24 mai 2018). L'occasion de relire une analyse publiée l'été dernier sur l'utilisation de l'alibi du complot par le régime en place pour expliquer la grave crise politique, économique et humanitaire dans laquelle le Venezuela est enlisé (source : Huffington Post, 10 août 2017).
FRONT NATIONAL. Le mardi 22 mai 2018, dans une salle de l'Assemblée nationale, Marine Le Pen a tenu une conférence sur l'islam radical en compagnie de Jean Messiha (membre du bureau national du FN), Louis Aliot (député FN des Pyrénées-Orientales) et du député égyptien Abderrahim Ali, directeur du Centre d'études du Moyen-Orient (CEMO) à Paris. Ce-dernier, dont l'activisme anti-Frères musulmans se teinte d'une forte dose de complotisme, considère, selon le chercheur Romain Caillet, qu'« Al-Jazzera est une chaîne sioniste ». Sur le site internet du CEMO, Abderrahim Ali affirme également que « le complot contre l'Egypte est permanent depuis la victoire sur Israël pendant la guerre [du Kippour – ndlr] d'octobre 1973 ». « Les États-Unis et Israël font tout ce qui leur est possible pour empêcher que cette victoire ne se répète », avance-t-il également, et « les auteurs de ce complot n'ont rien trouvé de mieux que le groupe terroriste des Frères musulmans pour diviser la région et l'affaiblir » (source : Le Parisien, 24 mai 2018).
ITALIE. La Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 Étoiles (M5S, populiste) ont présenté le 18 mai 2018 un « code éthique » stipulant l'interdiction faite aux francs-maçons d'intégrer le gouvernement italien. Les francs-maçons italiens ont immédiatement dénoncé une mesure « contraire aux principes constitutionnels » rappelant les « lois fascistes ». Le Grand Orient d'Italie a dit craindre « une dérive liberticide dangereuse » (source : Francetv Info, 20 mai 2018). Pour Philippe Foussier, Grand Maître du Grand Orient de France, « le complotisme qui irrigue les réseaux sociaux est bien sûr un vecteur puissant de cet antimaçonnisme ». Le responsable français a accepté de répondre aux questions de la rédaction de Conspiracy Watch.











