Le directeur de la CIA, le général David Petraeus, a annoncé vendredi sa démission, en raison d’une aventure extraconjugale.

C’est dans le cadre d’une enquête diligentée par le FBI que des échanges de mail entre Petraeus et sa maîtresse ont été découverts. Le général Petraeus en a été informé il y a deux semaines et a attendu la fin de la campagne électorale pour démissionner, évitant ainsi d’embarrasser la Maison Blanche.

L’ancien commandant des forces de la Coalition en Irak et en Afghanistan a été nommé à la tête de l’agence de renseignement américaine par Barack Obama l’année dernière. Il devait être entendu la semaine prochaine par la commission du renseignement du Sénat et de la Chambre des représentants consacrée à l’attaque du consulat américain de Benghazi le 11 septembre dernier. C’est finalement le numéro deux de la CIA, Michael Morell, qui ira témoigner.

Mais sur Fox News, on estime que cette version ne tient pas. Et l’on suggère pesamment que la démission de Petraeus relève de la manipulation d’Etat.

Sur Twitter, Laura Ingraham, l’une des animatrices vedettes de la chaîne, y va de ses petits commentaires lourds de sous-entendus :

« COINCIDENCE ?! Petraeus devait témoigner la semaine PROCHAINE à huis clos devant le Congrès à propos de Benghazi. BHO [Barack Hussein Obama] l’a-t-il viré ? C’est louche ! »

Rupert Murdoch, le propriétaire de la chaîne, lui emboîte le pas :

« Démission de Petraeus. Le timing, tout est suspect. Il y a forcément plus derrière cette histoire. »

C’est Ralph Peters, lieutenant-colonel de l’armée américaine à la retraite et analyste pour Fox News, qui a livré la version conspirationniste la plus argumentée en direct vendredi sur la chaîne :

« Le timing est tout simplement parfait pour l’administration Obama. Tout comme elle a affirmé que l’attaque de notre consulat à Benghazi le jour anniversaire du 11-Septembre était une pure coïncidence. Maintenant, ce serait pure coïncidence que cette affaire de liaison extraconjugale éclate juste après l’élection, pas avant, mais juste après, et avant l’audition du chef du renseignement devant le Congrès. En tant que vieil analyste des affaires de renseignement, Neil, la manière dont je lis ça – je peux me tromper complètement, mais c’est mon interprétation – est que l’administration n’était pas satisfaite que Petraeus ne joue pas le jeu à 100%. Et je suspecte ces gars de Chicago d’avoir eu connaissance de cette affaire depuis un moment, la gardant sous le coude jusqu’à ce qu’ils aient besoin d’abattre leur carte. Je n’aime pas les théories du complot, je peux me tromper complètement, mais le timing de cette histoire, encore une fois, juste après l’élection et juste avant que Petraeus soit entendu par le Congrès, vraiment ça sent mauvais ».

Ralph Peters s’est notamment illustré pour avoir appelé, en 2010, au meurtre de Julian Assange, le fondateur de Wikileaks.