David Duke (crédits : altcensored.com, 5 février 2019).

Figure incontournable du suprématisme blanc américain, David Duke (1950 –) est l’un des principaux porte-voix du conspirationnisme antisémite contemporain.

Duke naît en 1950 en Oklahoma dans un foyer troublé – sa mère souffre de poly-addiction et son père, cadre de la compagnie pétrolière Shell, est souvent absent. La famille réside un temps en Hollande avant de se fixer en Louisiane, dans un quartier « blanc » de la Nouvelle-Orléans. À l’adolescence, il a une révélation en découvrant dans un livre la « supériorité génétique de la race blanche » et adhère, à l’âge de 17 ans, au Ku Klux Klan (KKK). Il en devient un responsable national quelques années plus tard, à 24 ans.

Faisant passer l’antisémitisme avant le ségrégationnisme, il contribue à la nazification de la secte, notamment en fondant le journal suprématiste Crusader. À 29 ans, il se démarque du KKK pour dédiaboliser son image et se lancer en politique. Il fait un début de campagne lors de l’élection présidentielle de 1980, mais renonce. Il crée ensuite la National Association for the Advancement of White People (NAAWP) [Association Nationale de Défense des Blancs], une sorte de KKK « sans les draps », qui assurera sa subsistance. En 1987, il achève sa métamorphose en politicien bon teint : nez et menton refaits, peeling du visage, teinture blonde, moustache rasée, etc.

Après quelques succès médiatiques, il obtient un score dérisoire à la présidentielle de 1988 mais il est élu à la Chambre des représentants de l’État de Louisiane pour 4 ans. En 1991, mettant en sourdine son antisémitisme et son passé au KKK, il présente un programme anti-impôts et ségrégationniste qui lui permet de mettre en ballottage le Démocrate qui sera finalement élu gouverneur de Louisiane. La tempête médiatique provoquée par l’ascension d’un tel extrémiste marque l’apogée de sa carrière d’homme politique. À l’élection présidentielle de 1992, il recueille 0,94% des voix sous l’étiquette du Parti républicain, puis disparaît de la scène politique. En 1998, il auto-édite sa biographie, My Awakening. A Path to Racial Understanding [Mon éveil. Une voie pour comprendre les races], où il renoue avec son antisémitisme et son racisme militants. En 2000, il crée la National Organization For European American Rights (NOFEAR) [Organisation Nationale pour les Droits des Américains-Européens], aujourd’hui encore sa principale source de revenus avec ses livres, son site et la vente de produits dérivés néonazis.

En 2002, il passe 15 mois en prison pour fraude fiscale et postale. Plaidant coupable, il reconnaît avoir détourné l’argent de ses adeptes suprématistes pour s’offrir des biens de luxe, rénover sa maison et fréquenter les salles de jeux. En 2004, Duke s’auto-édite à nouveau pour Jewish Supremacism. My Awakening on the Jewish Question [Le Suprématisme juif. Mon éveil à la question juive], tiré d’un mémoire écrit pour le MAUP, une fausse « grande école » ukrainienne qualifiée par le Congrès américain « d’institution antisémite des plus acharnées d’Europe de l’Est ». Pour ce mémoire, sous-titré Le Sionisme comme forme de suprématisme ethnique, qu’il fera traduire en neuf langues, il reçoit le diplôme du MAUP qui ne jouit d’aucune reconnaissance universitaire réelle. Il s’arroge pourtant le titre de « Docteur Duke » pour faire valoir avec plus d’autorité intellectuelle les contenus de son site et se faire payer des conférences où il propage son négationnisme. Il trouve audience principalement en Russie et au Moyen-Orient.

Dès 1995, Duke avait noué des liens avec le néofasciste russe Vladimir Jirinovski et, en 1998, avec le chef de la branche ultranationaliste du Parti communiste, le général Albert Makashov – lequel se proposait « de coller au mur tous les youpins et de les envoyer dans l’autre monde. »

En 2006, il participe à la conférence organisée à Moscou par le journal russe Athenaeum et la section russe de Synergies européennes, intitulée « L’Avenir du monde blanc », aux côtés notamment des Français Pierre Vial (Terre et Peuple) et Guillaume Faye.

Côté Moyen-Orient, quand il est invité en 2005 par le gouvernement syrien, il déclare sur la chaîne nationale que « les États-Unis sont occupés par les Sionistes tout comme l’est votre Golan. Chez nous, ils contrôlent les médias et les banques. » Et en 2006, à Téhéran, invité par le président Mahmoud Ahmadinejad à la conférence internationale mettant en cause la réalité de la Shoah, il déclare : « L’Holocauste est le système qui sert de pilier à l’impérialisme sioniste, à l’agression sioniste, à la terreur sioniste et au crime sioniste. »

Ayant perdu sa visibilité médiatique aux États-Unis et évitant la justice américaine, Duke choisit de résider en Europe, principalement à Salzbourg, en Autriche. Il y vit de ses conférences et de ses soutiens. Mais en 2009, la République tchèque l’expulse pour négationnisme en réunion. Toujours en 2009, la Suisse l’expulse à son tour et le bannit de l’espace Schengen, décision qui ne prendra réellement effet que deux ans plus tard. En 2011, il envisage de rentrer aux États-Unis pour participer à la présidentielle qui s’annonce. Il tente de séduire à distance le mouvement du Tea Party en dénonçant le « lobby israélien » et en promettant de poursuivre en justice « les banques internationales criminelles ». Finalement, il renonce. Quand il est arrêté et banni d’Allemagne au nom de la décision Schengen, il écrit une Lettre ouverte au monde, où il plaide l’innocuité de ses thèses : il nie être un suprématiste blanc, prétendant ne soutenir que « le droit de chacun à préserver son identité ». De même, il récuse être un négationniste, arguant qu’il se borne à mettre les faits en lumière. En 2013, l’Italie l’expulse à son tour pour tentative de fondation d’un mouvement néo-nazi paneuropéen.

De retour aux États-Unis, David Duke collabore régulièrement avec Stormfront, le plus grand site nazi américain en ligne, fondé par Don Black, son second couteau et ancien Grand Sorcier du KKK, qui a épousé son ex-épouse. Il y trouve une audience toujours plus large, Stormfront étant un des sites les plus populaires d’Internet. Quoique Donald Trump ait toujours dénoncé son racisme haineux, Duke appelle à voter pour lui en 2016 et, en 2017, il salue ses positions « neutres » après les morts causées lors de la manifestation « Unite the Right » à Charlottesville, et les protestations de Black Lives Matters.

Dans un enregistrement vocal publié sur son site le 12 mars 2020, en pleine crise du Covid-19, Duke laisse entendre que Donald Trump a pu être infecté par le coronavirus lors de sa rencontre à la Maison Blanche avec un responsable brésilien d’origine juive qui lui aurait délibérément transmis le virus dans une opération pilotée en sous-main par « l’État d’Israël » et « l’élite sioniste mondiale ». Trois jours plus tard, le test de Donald Trump s’avérera négatif.

 

IL A DIT :

« Le fait que les extrémistes juifs s’en sortent systématiquement avec ce deux poids deux mesures se comprend uniquement lorsqu’on remarque que la suprématie juive existe dans de nombreux secteurs des médias américains. Ils peuvent attirer l’attention sur ce qu’ils veulent et cacher ce qu’ils veulent ».

Source : « L’hypocrisie d’Hanoucca, par David Duke VOSTFR (partie1) », YouTube, 9 avril 2012.

« Notre salut racial dépend de l’Alliance blanche unissant notre peuple sur la base de l’idéalisme racial ».

Source : The Racialist, 1970.

« Ataturk savait mieux que tout autre chef d’État moderne que la résurrection nationale dépend avant tout du processus subtil de séparation raciale ».

Source : NAAWP News, 1984.

« Les Juifs sont le fer de lance de la déchristianisation de l’Amérique moderne. – Le communisme et le sionisme sont nés du même esprit juif. – Il ne s’agit pas de conspiration [juive], il s’agit de deux nations, les Juifs et les Gentils, en état de guerre ethnique ».

Source : My Awakening, 1999.

« À côté d’Israël, l’État nazi semble très, très modéré ».

Source : Interview à la télévision syrienne, 2005.

« Les groupes juifs organisent sciemment l’invasion de l’Europe et de l’Amérique par des réfugiés non-européens, terroristes, violeurs, criminels ».

Source : YouTube, « Why the Jewish Elite Hates Donald Trump », 2016.

 

(Dernière mise à jour le 02/03/2020)