Des gros titres aux petites infos passées inaperçues : ce qu’il fallait retenir de l’actualité des derniers jours en matière de conspirationnisme et de négationnisme (semaine du 13/01/2020 au 19/01/2020).

11-SEPTEMBRE. Les attaques du 11-Septembre ont-elles été orchestrées par les services secrets américains ? C’est la thèse révisionniste subrepticement insinuée par le manuel Histoire du XXe siècle en fiches, paru en novembre dernier aux éditions Ellipses, dans la collection « Optimum ». Contactée par Conspiracy Watch, la direction générale d’Ellipses a affirmé ne pas cautionner le passage en question et a précisé qu’un addenda serait ajouté à tous les exemplaires de l’ouvrage qui n’ont pas encore été distribués en librairie (source : Conspiracy Watch, 17 janvier 2020). Wassim NAsr, journaliste à France 24 et spécialiste des mouvements djihadistes, souligne en outre sur Twitter qu’un autre mot utilisé trois lignes plus bas est inapproprié : le manuel affirme en effet que le chef d’Al Qaïda, Oussama Ben Laden, a été « capturé » alors qu’il a en réalité été tué lors d’un raid américain au Pakistan le 2 mai 2011.

FORSANE ALIZZA. Mohamed Achamlane, alias Cortex, avait été condamné en 2015 à neuf ans de prison pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » et « détention illégale d’armes ». Il a retrouvé la liberté en début d’année. L’homme de 41 ans, qui avait fondé le groupe islamiste Forsane Alizza en 2010, aussi appelé « Les cavaliers de la liberté », a été libéré de la prison de Vezin-le-Coquet, près de Rennes, le 1er janvier 2019. Sur le site Internet de Forsane Alizza étaient notamment diffusés des contenus relayant des décapitations d’infidèles, des hommages à Ben Laden, et des documents de propagande djihadiste (source : leparisien.fr, 15 janvier 2020). En 2010, sur Radio France Maghreb, Achamlane contestait la version communément acceptée des attentats du 11-Septembre (source : Conspiracy Watch, 30 septembre 2010).

CRASH EN IRAN. La reconnaissance officielle par l’Iran de sa responsabilité dans le crash d’un Boeing ukrainien le 8 janvier dernier a plongé la complosphère dans le désarroi. Dès l’annonce du crash, une partie de la complosphère a très vite entrepris de démontrer que la République islamique ne pouvait pas être à l’origine de la tragédie. Elle a redoublé ensuite d’inventivité dans la défense du régime iranien quand celui-ci, mis en cause par le Canada puis les États-Unis, a nié farouchement être à l’origine du drame qui a provoqué la mort de 176 civils. Trois jours plus tard, toutefois, plusieurs sites complotistes se sont retrouvés en porte-à-faux, quand les autorités iraniennes ont finalement admis leur responsabilité dans ce qu’elles décrivent comme un « tir accidentel ». Pour Conspiracy Watch, Maurice Ronai propose un tour d’horizon de ces thèses (source : Conspiracy Watch, 16 janvier 2020).

ANTOINE MELLIES. Avant d’intégrer le Rassemblement national (RN), Antoine Mellies, aujourd’hui candidat à la mairie de Givors (Rhône), a fait ses premières armes au sein de la mouvance soralo-dieudonniste. Mellies a en effet milité activement aux côtés du Parti Anti Sioniste (PAS) aux élections européennes de 2009. Conspiracy Watch propose un zoom sur le parcours de ce militant qui questionne la ligne officielle prônée par le parti de Marine Le Pen (source : Conspiracy Watch, 14 janvier 2020).

MICHEL ONFRAY. Le mercredi 15 janvier 2019, Michel Onfray était l’invité de l’émission « C à vous » (France 5). Le philosophe, qui publie Grandeur du petit peuple (Albin Michel), un essai consacré au mouvement des Gilets jaunes, a glosé sur l’« État profond » – notion qui désigne selon lui « ceux qui exercent le pouvoir » – et le rôle de la police républicaine dans les manifestations. Reprenant la thèse dite des « agents provocateurs », il a d’ailleurs accusé la police de provoquer délibérément des violences en s’infiltrant parmi les manifestants afin de les discréditer auprès de l’opinion. Des usages qu’il qualifie de « vieux comme le monde »… (source : Conspiracy Watch, 16 janvier 2020).

FRANCE LIBRE 24. Jusqu’à son titre, France Libre 24 est un site web conçu pour ressembler à un authentique média français. Il n’en est rien. Le média, qui publie des informations sur la politique et les questions de société, en France, est en fait dirigé par un groupe de militants d’extrême droite polonais, liés au parti Konfederacja et à l’ancien eurodéputé polonais Janusz Korwin-Mikke. Celui-ci s’était illustré en 2015 en exécutant un salut nazi au Parlement européen. Une enquête de EU DisinfoLab – une ONG spécialisée dans la lutte contre les opérations de désinformation qui vise l’Union européenne – et du média Politico montre comment les mouvements d’extrême droite européens travaillent de plus en plus au-delà des frontières pour faire avancer un programme commun (source : politico.eu, 14 janvier 2020).