Bannière officielle du film (capture d’écran Facebook, février 2021).

« Ceci n’est pas un complot » est le titre d’une vidéo conspirationniste belge diffusée sur YouTube et Viméo en accès libre à partir du 6 février 2021.

Réalisé par Bernard Crutzen et vu plus d’un demi-million de fois en 48 heures, ce film de 70 minutes a été critiqué pour ses « sous-entendus malsains ». Le quotidien belge Le Soir a ouvert ses tribunes à des experts qui le qualifient de « très ambigu ». La chaîne de télévision publique belge RTBF a vérifié plusieurs des affirmations et sous-entendus présents dans le film qui « ne correspondent pas à la réalité factuelle ». « Ceci n’est pas un complot » attaque notamment Marc Van Ranst, l’un des principaux virologues belges actifs contre le Covid-19.

Réalisé grâce à un financement participatif, le film peut être visionné également sur la plateforme Odysee sur laquelle il est présenté comme une « nouvelle production d’une équipe de journalistes/documentaristes belges sur le traitement médiatique de la crise par les médias belges francophones. Ce qu’ils disent, comment ils le disent, et ce qu’ils taisent. Avec une attention particulière à la notion de « complot ». […] CECI N’EST PAS UN COMPLOT propose une déconstruction de la psychose collective organisée, solidement étayée par un important travail de documentation, d’entretiens et d’analyses approfondies. La qualité de ce film en fait une archive pour l’Histoire et, souhaitons-le, pour la justice, qui, à l’instar de « MAL TRAITÉS », empêchera toute dénégation future des criminels qui nous gouvernent, sur le thème : « On ne savait pas »… ».

« Ceci n’est pas un complot » fait notamment intervenir l’historienne Anne Morelli, le virologue Bernard Rentier, la docteur en biotechnologie Caroline Vandermeeren, l’anthropologue Jacinthe Mazzocchetti (UCLouvain), Sophie Meulemans, une activiste anti-vaccination évoluant dans la complosphère covido-sceptique ainsi que Pascal Sacré, un médecin belge licencié en octobre 2020 du centre de soins intensifs de Charleroi (Belgique) où il exerçait en tant que réanimateur et contributeur régulier du site conspirationniste canadien Mondialisation.ca depuis 2009.

Anne Morelli soutient dans le film que la mobilisation du gouvernement face à la pandémie de Covid-19 est comparable à celle attendue en temps de guerre et que, dans ces conditions, « il ne peut plus y avoir de dissidence, de liberté de la presse. »

Le Dr Bernard Rentier évoque une « phobie collective […] facilement entretenue par les médias. »

Caroline Vandermeeren évoque une peur instaurée par les médias et des dérives politiques que cela peut engendrer.

Jacinthe Mazzocchetti donne son avis sur l’usage du terme « complotiste ».

Sur sa page Facebook, Bernard Crutzen rejette la qualification de complotisme portée au sujet de son film :

« On accuse mon film de « manipuler le spectateur en sous-entendant un complot mondial mêlant médias et élites vers une société de contrôle ». Je n’ai pas dit ça. On prétend aussi que je les trouve « complices », un mot que je n’ai pas utilisé. Mon hypothèse est que le traitement médiatique (la peur, le sensationnalisme, la cécité sur les conflits d’intérêts…) déroule le tapis rouge pour ceux qui rêvent d’une société hygiéniste et sécuritaire, pour laquelle nous n’avons pas voté. Il me semble que peu de journalistes rêvent de ce monde- là. […] Je ne suis pas devenu complotiste, je suis plutôt un réalisateur “mainstream”. […] Je n’ai pas changé, je travaille toujours de la même manière. C’est le sens du courant qui a changé. Je me retrouve aujourd’hui à contre-courant. C’est fatigant de nager à contre- courant, mais je suis poussé dans le dos par des milliers de personnes, qui ont bi (sic) bien compris le message :  douter, douter, et encore douter ».

Plusieurs sites complotistes, parmi lesquels Égalité & Réconciliation, Le Libre Penseur ou encore Qactus, ont relayé ou commenté en termes élogieux « Ceci n’est pas un complot ». Medias-Presse.info l’évoque comme « le documentaire belge qui pointe la dictature sanitaire » [archive]. Sur Riposte laïque, l’oncologue Nicole Delépine, très relayée au sein de la complosphère francophone, appelle « à voir absolument et à diffuser » ce film estimant qu’il « donne la suite des évènements de façon claire, calme et honnête, et est peut-être capable d’ouvrir des yeux. » Quant au blogueur Étienne Chouard, il considère « Ceci n’est pas un complot » comme une « passionnante enquête sur de nouveaux incroyables conflits d’intérêts (des cas de corruption aggravée, en fait) dans les Autorités de santé chargées d’imposer les politiques publiques ».

Plusieurs mois avant la sortie de son film, Bernard Crutzen expliquait que son propos n’était en rien « comparable » au film conspirationniste français « Hold-up » (où est affirmé que le Covid-19 a été fabriqué en laboratoire par l’Institut Pasteur et que la pandémie s’inscrit dans un vaste plan mondialiste de réduction de la population de la planète) tout en s’étonnant du « lynchage médiatique et (de) la censure que subit Hold-Up ». Le réalisateur soulignait également qu’il donnait la « parole à des personnalités qui n’ont rien de « complotistes »».

Après la sortie de « Ceci n’est pas un complot », plusieurs des intervenants filmés par Bernard Crutzen ont exprimé leur désaccord avec le contenu du film.

Dans un thread sur Twitter, l’épidémiologiste Marius Gilbert, chercheur à l’Université libre de Bruxelles, s’est désolidarisé du film en précisant notamment que ses interventions « ne signifient en rien [qu’il] accrédite les thèses qui y sont défendues. »

Jacinthe Mazzocchetti a dénoncé sur Facebook le mésusage qui a été fait selon elle de ses interventions. Selon l’anthropologue, « le film pose non pas l’hypothèse (avec questions, arguments, contre-arguments), mais la thèse d’une propagande médiatique consciente, malveillante, unilatérale. »

Le microbiologiste Emmanuel André a réagi dans la presse belge pour démentir les propos « factuellement faux » tenus à son égard dans « Ceci n’est pas un complot ».

Selon les auteurs sceptiques Brecht Decoene et Peter Zegers, la méthode employée par Bernard Crutzen dans le film « relève du complotisme pur jus ».

Le film a été critiqué dans un thread sur Twitter par Olivier Klein, professeur de psychologie sociale à l’Université libre de Bruxelles et spécialiste des théories du complot.

 

(Dernière mise à jour le 19/05/2021)