Dans Le Figaro du 18 mars 2016, Eric Zemmour signe une chronique intitulée « Le Grand Remplacement, fantasme ou réalité ? ». Elle se conclut par le passage suivant :

« « Le grand remplacement » a d’abord été brocardé comme un fantasme, une peur irraisonnée. Puis, la formule chère à Renaud Camus a été dénoncée comme une manie « complotiste ». Et si c’était tout simplement un projet ? Un objectif ? Une réalité en marche qu’on ne peut, qu’on ne veut arrêter. »

Inventée par l’écrivain Renaud Camus, la thèse du « Grand Remplacement » postule qu’un « changement de peuple et de civilisation » est actuellement à l’œuvre en France et en Europe. Contredite par les données démographiques (la population d’origine extra-européenne vivant sur le territoire français représentait en 2008 environ 10% de la population nationale), cette idée n’en est pas moins très largement répandue à l’extrême droite, d’Aymeric Chauprade à Marion Maréchal-Le Pen, et jusque dans les rangs de la droite de gouvernement.

Marine Le Pen, qui a pu tenter de se démarquer « d’une vision dans laquelle quelques-uns organisent en secret le remplacement de la population », avait aussi condamné en 2011 une immigration « volontairement accélérée dans un processus fou, dont on se demande s’il n’a pas pour objectif le remplacement pur et simple » (lire : Le «grand remplacement», totem extrême).

« Complot contre la France »

En janvier 2015, l’eurodéputé frontiste Bruno Gollnisch s’était déclaré «complotiste au sens zemmourien du terme» : « Le seul complot, c’est sur la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat qui est l’appel à une immigration massive de personnes qui se trouvent en dehors de notre civilisation depuis 40 ans. C’est un complot contre la France. »

Voir aussi :
* Le «grand remplacement», totem extrême (Libération, 13 octobre 2015)
* Le Le fantasme du « grand remplacement » démographique (Le Monde, 23 janvier 2014)