
« The Age of Disclosure » (en français, « L'ère de la divulgation »), est un film conspirationniste américain développant la thèse selon laquelle des preuves de l'existence d'une vie extraterrestre ont été sciemment dissimulées au monde.
Le film soutient en effet que « des intelligences non humaines sont présentes et interagissent avec l'humanité depuis longtemps » mais qu'un groupe occulte au sein de l'appareil d'État s'ingénierait à en cacher les preuves.
Diffusé à partir du 21 novembre 2025 sur Amazon Prime Video, ce long-métrage réalisé par Dan Farah (producteur du film « Ready Player One », de Steven Spielberg) a rapidement battu des records d'audience sur la plateforme.
Le film donne la parole à trente-quatre « insiders », dont l'ancien directeur du renseignement national américain James R. Clapper.
L'astrophysicien et ufologue Eric Davis y affirme qu'« il existe 80 ans de données dont le public n'a même pas connaissance ». Quant aux producteurs exécutifs de « The Age of Disclosure », Jay Stratton et Luis Elizondo, ils figurent eux aussi en bonne place dans le film. Le premier, ancien enquêteur sur les Phénomène aérospatiaux non-identifiés (PAN), déclare notamment : « Ce que j'ai vu, les vidéos les plus nettes, les meilleures preuves dont nous disposons de l'existence d'une intelligence non humaine, reste classifié. J'ai vu de mes propres yeux des engins et des êtres non humains. » Stratton affirme également que des PAN « ont activé et désactivé des armes nucléaires aux États-Unis comme en Russie. » Luis Elizondo, ancien fonctionnaire au Bureau du Sous-secrétaire à la Défense pour le Renseignement, témoigne quant à lui : « Si vous étiez à ma place et que vous voyiez ce que j'ai vu, il n'y aurait pas l'ombre d'un doute que ces choses sont réelles et qu'elles ne sont pas fabriquées par l'homme. »
La narration s'appuie massivement sur l'argument d'autorité. Des responsables politiques américains comme le sénateur républicain Marco Rubio (devenu le chef de la diplomatie américaine sous le second mandat de Donald Trump) ou la sénatrice démocrate Kirsten Gillibrand interviennent à l'écran. Leur participation offre un vernis de respectabilité à des allégations non étayées comme celle selon laquelle des entreprises privées de défense détiendraient des débris d'engins extraterrestres.
Dan Farah abuse également d'une technique rhétorique consistant à présenter l'absence de preuve en preuve de la dissimulation : ainsi, plusieurs des personnes interrogées affirment détenir des secrets fracassants mais s'abritent derrière le secret défense pour ne rien dire. Un procédé narratif qui a pour effet de renforcer la frustration du spectateur tout en alimentant le mythe d'un « État profond » tout-puissant.
Jason Colavito, auteur de The Cult of Alien Gods: HP Lovecraft and Extraterrestrial Pop Culture, compare le film à « en gros un épisode d'Alien Theory avec un meilleur éclairage » : « C’était une resucée de contenu déjà utilisé à maintes reprises. J’ai trouvé que c’était de vieilles histoires présentées dans un nouvel emballage soigné. Bon nombre des personnes interviewées étaient déjà passées dans Alien Theory, sur NewsNation et sur d’autres plateformes pour tenir les mêmes propos. La seule chose surprenante, c’est qu’ils se sont réellement lancés dans certaines des affirmations pseudoscientifiques les plus extrêmes et les plus ridicules, selon lesquelles on ne peut pas photographier clairement les ovnis parce qu’ils se trouvent dans une bulle quantique spatio-temporelle qui déforme toute la lumière autour d’eux, ce qui nous empêche de les voir. C'est évidemment une explication a posteriori. Ce sont des choses dont des gens très intelligents se sont persuadés afin de justifier une conviction qu'ils avaient déjà avant de se lancer dans ce processus. »
(Dernière mise à jour le 17/03/2026)
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