Jean-Marie Bigard et Thierry Meyssan : un roman d’amitié ?
Icône des conspirationnistes du 11-Septembre, Jean Marie Bigard était invité sur le plateau de l’émission "Revu et corrigé" le 26 septembre 2009 sur France 5. Pendant 20 minutes, il a pu développer devant Paul Amar – son seul contradicteur – l’argumentaire désormais bien connu de la théorie du complot.

Vers la fin de l’émission, l’humoriste conteste qu’on puisse lui accoler à lui et à ceux qui remettent en cause la « version officielle » des attentats, le qualificatif de « conspirationniste », ne saisissant manifestement pas très clairement le sens de ce mot. Interrompant la chroniqueuse Laetitia Allemand, Bigard déclare : « Et pourquoi "conspirationniste" ? Par exemple moi, est-ce que vous estimez que je suis un "conspirationniste" ? (…) Mais comment est-ce possible ? Moi je ne conspire contre personne ? » (sic).

Peu après, l’humoriste reconnaît à demi-mot qu’il préfère qualifier la version officielle de « troublante » plutôt que de parler franchement de complot – même s’il n’en pense pas moins. Volubile, il va jusqu’à expliquer qu’un homme dont il refuse de révéler l’identité, lui a conseillé d’adopter cette stratégie rhétorique :

« (…) Si vous me dites pourquoi je me suis cantonné, conseillé par un mec qui connaît bien les hommes politiques et qui est à l’étranger – dont je ne citerais pas le nom –, il m’a dit : "Cantonne-toi à dire que tu trouves cette version troublante". Voilà pourquoi par exemple, vous vouliez me faire aller au bout de l’idée, je ne vais pas au bout ! ».

Qui est ce « mec qui connaît bien les hommes politiques et qui est à l’étranger ». Pourrait-il s’agir de Thierry Meyssan ? Plusieurs éléments plaident en faveur de cette hypothèse. Rappelons que le président du Réseau Voltaire a quitté la France en 2008 pour s’installer au Liban et qu’il « connaît bien les hommes politiques » pour avoir fait partie lui-même du Parti radical de gauche. Rappelons aussi que le livre de Meyssan, L’Effroyable imposture, avait été cité explicitement par Jean-Marie Bigard lors d’une émission sur Europe 1 le 5 septembre 2008. Quelques jours plus tard, le Réseau Voltaire avait mis en ligne un roman-photo présentant Bigard en martyr de la liberté d’expression. Enfin, le 22 juillet dernier, Thierry Meyssan rendait un vibrant hommage à Jean-Marie Bigard, « le plus populaire des humoristes français ».