Virginia Keyes a été suspendue par les instances du Parti travailliste le temps que toute la lumière soit faite sur les contenus antisémites qu’elle a diffusés sur les réseaux sociaux.

Une membre du Parti travailliste britannique (Labour) a été choisie pour se présenter à des élections locales qui auront lieu au début du mois prochain alors qu’elle avait fait l’objet de plusieurs plaintes au cours des sept dernières années pour sa tendance à publier des contenus à caractère antisémite sur les réseaux sociaux relate le Jewish Chronicle.

Le mois dernier, la présentatrice télé britannique Rachel Riley a révélé que, depuis 2012, Virginia Keyes a partagé à plusieurs reprises des contenus antisémites prêtant notamment aux « Juifs sionistes » le projet diabolique d’exterminer tous les non-Juifs. Elle a également fait référence plusieurs fois au thème complotiste du « Nouvel Ordre Mondial ».

Sélection de posts de Virginia Keyes sur Facebook (captures d’écran, 2013-2019).

Bien qu’interpellé à plusieurs reprises concernant Virginia Keyes, le Labour l’a investie à la mi-mars pour des élections locales à Torbey (comté de Devon, Angleterre) qui doivent se tenir le 2 mai prochain.

Des sources internes au Labour ont confirmé dimanche que Virginia Keyes avait été suspendue par son parti. Elle demeure pourtant candidate aux élections car sa suspension est intervenue postérieurement à la date limite du 4 avril.

Elle sera accompagnée d’au moins deux autres candidats issus de la section locale du Parti travailliste de la circonscription de Torbay qui tenteront d’obtenir des sièges le mois prochain après avoir exprimé des opinions qui pourraient également être qualifiées d’antisémites – mais qui semblent avoir été négligées par le parti de Jeremy Corbyn.

Le Labour est confronté à des allégations selon lesquelles les procédures disciplinaires et de contrôle ont été insuffisantes pour empêcher que d’innombrables autres membres du parti ayant exprimé des opinions antisémites soient candidats à travers le pays lors des élections du mois prochain.

Parmi les innombrables messages incendiaires de Virginia Keyes, figurait le partage d’une vidéo réalisée par des activistes d’extrême droite prétendant montrer que des « juifs sionistes » voulaient « détruire tous les non-juifs » et déclencher une guerre mondiale.

Virginia Keyes a également fait l’éloge du conspirationniste antisémite David Icke – suggérant qu’« une grande partie de ce dont Icke a parlé pendant des années continue à se manifester comme une vérité. »

Dans un autre message, elle exhorte les Juifs britanniques à « se lever et être compté » en manifestant contre les actions du gouvernement israélien « avant qu’il ne soit trop tard. » Et d’ajouter : « Allez, venez les bons juifs, sortez dans la rue… ce n’est pas juste que vous soyez persécutés mais bombarder et tuer des enfants et des civils innocents, ce n’est pas beaucoup mieux. »

Le 31 mars, avant de confirmer que Virginia Keyes avait été sélectionnée comme candidate travailliste, Rachel Riley a interpellé le parti travailliste sur Twitter :

« Pourquoi avez-vous choisi il y a à peine 2 semaines cette complotiste raciste antisémite délirante comme candidate travailliste aux prochaines élections au Conseil de Torbay ? »

Malgré la liste accablante de faits contre Virginia Keyes, les listes officielles du Conseil de Torbay publiées la semaine dernière ont confirmé qu’elle était en lice pour se présenter aux élections du 2 mai en tant que représentante du Parti travailliste.

Un autre candidat sélectionné par le Labour, Dani Passmore, s’est illustré en partageant des fausses informations à caractère antisémite, relayant la théorie du complot selon laquelle les nazis auraient été financés par les Rothschild, ou affirmant qu’Israël avait « détruit la Palestine » et était « derrière le 11-Septembre et les guerres qui en ont résulté. » Il a également défendu Jeremy Corbyn contre des accusations d’antisémitisme suggérant que « quiconque s’oppose au sionisme et au capitalisme […] est soudainement qualifié d’antisémite pervers. »

Un autre travailliste, Jack Critchlow, a notamment soutenu sur les réseaux sociaux que « la question de l’antisémitisme [était] relativement peu pertinente et simplement utilisée pour affaiblir Corbyn », appelant par ailleurs à ce que « tous les membres du Parti travailliste, y compris les députés [qui] soutiennent ce gouvernement israélien sioniste brutal [soient] immédiatement suspendus et obligés de justifier leurs opinions. »

En février, la section locale de Torbay du Parti travailliste avait déjà été secouée par une affaire du même type lorsque Lesley Anne Perrin avait fait l’objet d’une enquête interne pour avoir publié des contenus négationnistes et antisémites sur les réseaux sociaux (elle avait notamment évoqué des « preuves documentaires » selon lesquelles la « Maison de Rothschild » aurait pour objectif de dominer le monde). Elle avait ensuite démissionné du Labour.

Virginia Keyes a déclaré à la BBC qu’elle n’était pas en mesure de faire de commentaires pour le moment.

 

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