François Brigneau (DR).

Emmanuel Allot dit François Brigneau (1919-2012) était un militant d’extrême droite, antisémite et négationniste convaincu.

Cet ancien collaborationniste (il fut membre de la Milice française, créée par le régime de Vichy), a été détenu quatorze mois à la prison de Fresnes en qualité de « soldat du Maréchal ». Il y retrouve son ami, ancien collaborateur et beau-frère de Maurice Bardèche, l’écrivain Robert Brasillach.

Jusqu’à la fin de ses jours, il exprimera son admiration pour Pétain.

Peu après sa sortie de Fresnes, Brigneau rencontre Jean-Marie Le Pen alors qu’il donne une « conférence » sur l’épuration. L’avocat Jacques Isorni (défenseur, notamment, de Philippe Pétain) avait demandé à Le Pen de venir voir Brigneau et de « l’aider s’il avait besoin de quelque chose ».

Membre du FNAF (Front national pour l’Algérie Française) et d’Ordre nouveau, Brigneau est l’un des co-fondateurs du Front national (FN) et son premier vice-président (1972-1973).

Avec François Duprat, il conclut un accord avec le Movimento Sociale Italiano (MSI) en 1972 pour que la formation néo-fasciste italienne fournisse gratuitement des imprimés pour les élections législatives de 1973.

Pendant de nombreuses années, le journaliste et éditorialiste, collaborateur régulier de la presse d’extrême droite (Présent, National Hebdo, Parole française, Minute, Le Choc du mois, Rivarol, etc. ), se fait remarquer par ses chroniques antisémites et négationnistes, signées la plupart du temps Mathilde Cruz, et qui lui valent d’être condamné à plusieurs reprises par la 17ème Chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris.

François Brigneau est en outre l’auteur d’un ouvrage hagiographique sur le négationniste Robert Faurisson. C’est sans surprise que son nom figure, en 2010, aux côtés de ceux d’Alain Soral, de Jérôme Bourbon (le directeur de Rivarol) ou de Dieudonné M’Bala M’Bala parmi les signataires de la pétition « pour l’abrogation de la loi Gayssot et la libération de Vincent Reynouard » lancée à l’initiative de Paul-Éric Blanrue.

François Brigneau décède en 2012. Plusieurs de ses compagnons de route affichent leur présence à son enterrement comme Roger HoleindreJean-Yves Le Gallou, Robert Faurisson et Robert Spieler. Jérôme Bourbon évoque François Brigneau comme étant « probablement le plus grand pamphlétaire de la deuxième moitié du XXème siècle en France ».

L’une des salles de l’Institut Emmanuel Ratier (IER) inauguré en 2017 porte le nom de Brigneau.

 

IL A ÉCRIT :

« Il est interdit de soutenir la thèse suivante. Hitler a voulu chasser les Juifs des territoires germaniques. En conséquence, les organisations juives mondiales ont mobilisé toutes leurs forces et celles de leurs amis contre le IIIe Reich. Elles poussèrent à la guerre dès 1937. Quand les opérations militaires commencèrent, tant en Allemagne que dans les pays qu’il occupait, Hitler considéra les Juifs comme les ressortissants d’une nation ennemie. Il fit ce que les Français et les Anglais firent en France et en Angleterre pour les Allemands et les Italiens, et les Américains aux USA pour les Japonais : il identifia les juifs, les quadrilla, les arrêta, les parqua, dans des conditions souvent abominables, que le processus de la défaite allemande n’arrangea pas. De nombreux juifs succombèrent : de malnutrition, de sévices, d’épuisement, de misère, de désespoir, de maladie (typhus), d’exécutions […]. Essayez de développer ce schéma. Si bien documentés que vous soyez, vous allez voir l’accueil et le résultat de vos travaux. L’étude des causes et du déroulement de la guerre mondiale est taboue pour qui n’est pas d’un conformisme total. Les révisionnistes peuvent en témoigner. Les armes se sont tues voilà quarante-cinq ans […].Vous pouvez tout écrire. Sauf qu’il n’y a pas de preuves de l’existence des chambres à gaz ni d’une politique d’extermination des juifs arrêtées par Hitler […]. Les juifs ne sont que dans les bureaux de l’Élysée, dans quelques ministères seulement (dont l’Intérieur et la Culture), à la présidence de l’Assemblée nationale […], à l’Archevêché, à la tête des Services secrets, à Air France, à la télévision, au cinéma à la radio, dans l’édition, sans parler des affaires, de la Banque, du Tourisme et du reste, ils ne sont pas encore les maîtres partout. Il faut comprendre leur émotion, et l’agressivité que celle-ci peut provoquer. Bâillonnons-nous ».

Source : François Brigneau, « Le journal d’un homme libre », National Hebdo, 15-21 février 1990, pp. 4-5.

 

(Dernière mise à jour le 13/03/2021)