Dans quelle mesure la proximité avec l’extrême droite est-elle corrélée à l’adhésion aux thèses complotistes ? C’est ce que révèle notamment la deuxième vague de l’enquête de la Fondation Jean-Jaurès et Conspiracy Watch réalisée par l’Ifop sur l’état du complotisme en France. Valérie Igounet, historienne et spécialiste du négationnisme et de l’extrême droite, analyse pour ce quatrième volet de l’enquête la porosité entre les deux courants.

Conférence de presse de Marine Le Pen (capture d’écran YouTube/Rassemblement national, 3 décembre 2018)

La deuxième vague de l’enquête sur le complotisme confirme plusieurs enseignements par rapport à la précédente, dont celui-ci : le positionnement politique, notamment à l’extrême droite, reste une des variables induisant une adhésion plus forte que la moyenne aux représentations conspirationnistes.

À travers cette seconde enquête, les électeurs de Marine Le Pen au premier tour de la dernière élection présidentielle, tout comme les sympathisants du Rassemblement national (RN), montrent leur propension à adhérer davantage que les autres électorats aux différents items conspirationnistes proposés. Certains sont en corrélation avec la matrice idéologique du parti lepéniste. D’autres n’ont aucun rapport avec cette dernière, si ce n’est la croyance à un complot. Par exemple, le climato-complotisme (« Le réchauffement climatique n’existe pas, c’est une thèse avant tout défendue par des politiques et des scientifiques pour faire avancer leurs intérêts ») est deux fois plus prégnant chez les sympathisants du Rassemblement national et chez les électeurs de Marine Le Pen.

Les sympathisants du Rassemblement national souscrivent davantage à une interprétation complotiste que les électeurs de Marine Le Pen à la dernière présidentielle. Les premiers, constituant le noyau dur, sont davantage fidèles au parti lepéniste qui répond politiquement, plus ou moins à long terme, à leurs demandes et à leurs préoccupations tandis que le fait de déposer un bulletin au nom de Marine Le Pen dans l’urne lors de l’élection présidentielle peut être un acte sans suite, reposant sur diverses motivations. […]

>>> Lire, sur le site de la Fondation Jean-Jaurès, l’intégralité de la note de Valérie Igounet.

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