L’annonce lundi 22 octobre matin de la mort du négationniste français Robert Faurisson a suscité les hommages de ses plus fervents partisans.

Alain Soral (capture d’écran YouTube/ERTV Officiel ; 25 octobre 2018)

Le site d’Alain Soral, Egalité & Réconciliation, fut l’un des tous premiers sites complotistes à réagir à la mort de Faurisson, avec, notamment le site Medias-presse.info. Il a toutefois fallu attendre jeudi 25 octobre pour que la chaîne YouTube d’E&R mette en ligne une vidéo de 19 minutes du polémiste « national-socialiste », étendu sur un canapé orange les mains croisées sur le ventre, témoignant sa gratitude envers celui qu’il décrit comme un « maître de la rectitude morale » qui mériterait d’avoir des rues, des boulevards et des écoles à son nom.

Dans une courte vidéo mise en ligne sur son site internet lundi 22 octobre, le négationniste Vincent Reynouard dit également sa reconnaissance à Faurisson : « Votre oeuvre vous survivra. Ensemble, nous la pérenniserons. […] Un jour, la vérité triomphera ».

Dans un message posté sur son compte Twitter lundi 22 octobre et assorti du seul hashtag #Robert, Dieudonné M’Bala M’Bala écrit :

« Robert Faurisson nous a quitté, je perds un ami, un homme exceptionnel qui m’a beaucoup inspiré. Je sais que la soif de vérité à laquelle il était enchaîné est à présent apaisée, elle aura fait de sa vie une œuvre incomparable. Dans un monde normal ta place serait au Panthéon. Nous ne t’oublierons pas Robert. Tu es le seul pour qui je vais m’imposer un devoir de mémoire. »

Disant ne pas connaître personnellement Robert Faurisson, l’ancien président du Front national, Jean-Marie Le Pen, a fustigé dans un communiqué notamment relayé par le militant nationaliste-révolutionnaire Christian Bouchet« les lois dites mémorielles employées pour criminaliser les adversaires politiques de tous bords ».

Bruno Gollnisch s’est exprimé depuis les bureaux parisiens du Parlement européen. L’eurodéputé Rassemblement national (RN), dont l’intérêt pour le négationnisme est ancien, a déclaré :

« Je constate que cette mort est très largement médiatisée. Je m’étonne : comment se fait-il qu’il soit si connu alors qu’il n’était jamais invité sur les plateaux de télévision ? Ou de radio ? Ou dans les colonnes de la presse écrite ? C’est quand même très curieux ça. Il y a ainsi des gens qui sont connus, qui écrivent, qui parlent, qui sont persécutés judiciairement, physiquement, matériellement, professionnellement et qui n’ont pas la possibilité de se défendre, n’ont pas la possibilité de s’expliquer mais dont on se souvient malgré tout parce qu’ils sont connus. D’ailleurs, ces persécutions finalement se retournent peut-être contre leurs auteurs et ont plus fait peut-être pour la propagation des conceptions ou les analyses de Monsieur Faurisson que si on l’avait laissé s’exprimer et si on s’était donné la peine de réfuter publiquement ses positions puisqu’il paraît que ses positions sont abominables, affreuses, qu’elles ne reposent sur rien, qu’elles sont tout à fait contraires à la vérité… Je pense qu’il devrait être facile de le prouver ».

Le conférencier conspirationniste Laurent Glauzy écrit : « Le Pr Faurisson était à mon sens le français le plus courageux et immanquablement un des plus cultivés. […] Aujourd’hui, j’ai envie de dire que le Pr Faurisson, comme tous les grands hommes, a su transmettre le flambeau. En effet, Vincent Reynouard progresse et est déjà bardé d’autant de modestie que de talent ».

Sur Twitter, l’activiste antisémite Hervé Ryssen a posté le message suivant : « Le grand Robert Faurisson est décédé ce dimanche à Vichy, après une dernière conférence. Il est un des quelques rares noms français de notre époque dont on parlera encore dans deux cent ans ».

Dans une série de statuts Facebook, le physicien belge Jean Bricmont explique que Faurisson restera pour lui « le symbole (pas lui mais ses censeurs) de l’absurdité de notre époque où tout le monde se prétend laïc mais a fait de l’holocauste, de la “mémoire”, de la repentance, et de l’idéologie des droits de l’homme qui lui est associée une véritable religion, avec ses lois (de censure), ses musées, ses célébrations (voyages à Auschwitz ou à Yad Vashem), ses incantations (“plus jamais ça”). […] Comme toute religion, celle de l’holocauste et des droits de l’homme est liée à une gigantesque hypocrisie : le “silence” est toujours supposé être “complice” sauf quand il s‘agit des crimes du principal bénéficiaire de cette religion, l’état d’Israël et, plus généralement l’impérialisme occidental ».

Des mots qui font écho à ceux de Jérôme Bourbon, directeur de l’hebdomadaire antisémite Rivarol, pour qui Faurisson « menaçait les fondements idéologiques de l’ordre mondial issu de la dernière guerre mais il contestait une véritable religion, ou plutôt une contre-religion, le culte holocaustique. Un culte qui ne souffre pas que l’on manque de déférence et de soumission à son endroit. Un (faux) dieu qui exige que l’on brûle sans cesse l’encens devant lui, qu’on l’adore, qu’on rallume la flamme comme à Yad Vashem, qu’on offre des fleurs et qu’on se lamente comme lors des pèlerinages et processions à Auschwitz et ailleurs, qu’on se frappe la poitrine en s’écriant “plus jamais ça” ».

Le jazzman britannique Gilad Atzmon, proche de la mouvance soralo-dieudonniste, a rendu hommage sur son blog au « travail » du négationniste : « C’est le travail de Faurisson qui m’a aidé à définir l’effort historique en termes philosophiques. […] Le professeur Faurisson et la controverse autour de son travail mettent en lumière la distinction entre histoire réelle et religion ».

Yvan Benedetti, porte-parole du Parti Nationaliste Français (néo-pétainiste), a tweeté« Le Professeur Faurisson avait annoncé une bonne nouvelle au monde. L’indicible n’a pas eu lieu. Pour cela il a été sali, damné, banni, pourchassé, battu, condamné, ruiné ! C’est un Hérault (sic) des temps modernes qui aura marqué la 2ème moitié du XXè siècle. Reste son œuvre qui ne mourra jamais ! »

Dans un texte intitulé « Le grand Robert entre dans la grande histoire » et relayé par le site complotiste Réseau international, le site Entre la Plume et l’Enclume (nom de l’association animée par Maria Poumier, Ginette Skandrani et Mondher Sfar) écrit : « Robert Faurisson était effectivement un incendiaire, et nous avons bien l’intention de propager le feu de la vérité qu’il a semé obstinément, pendant 40 ans de combat acharné. […] Notre dette envers lui reste entière. L’association Entre la Plume et l’Enclume, pour la défense de la liberté d’expression, continue à faire fructifier son héritage, avec admiration et respect ».

 

(Dernière mise à jour : 27/10/2018 12h55)