Clearstream : quand un obsédé du ''complot'' se transforme en comploteur
Un homme « obnubilé par la théorie du complot ». C’est ainsi qu’est décrit celui que le jugement final du procès Clearstream présente comme « l’initiateur et l’auteur principal des délits de dénonciations calomnieuses » : Jean-Louis Gergorin.

Enarque, polytechnicien, ancien maître des requêtes au Conseil d’Etat et ancien vice-président du groupe aéronautique EADS, Jean-Louis Gergorin n’aurait été mû, depuis le départ, que par une seule logique : « celle de crédibiliser son combat contre un ennemi chimérique par l’utilisation de données dont il connaissait le caractère mensonger » lit-on dans le jugement. Ou comment un conspirationniste devient un conspirateur.

Il y a quelques mois, Le Point brossait le portrait de ce haut fonctionnaire ayant « la réputation de voir des complots partout » – ce qui l’inciterait, d’ailleurs, « à disposer de nombreux téléphones portables, dont certains cryptés ». L’hebdomadaire rappelait notamment que Gergorin est convaincu depuis des années que son ancien patron Jean-Luc Lagardère, mort à 75 ans des suites d’une opération chirurgicale en 2003, a en réalité été assassiné par des oligarques russes soupçonnés de convoiter EADS. L’enquête préliminaire ouverte à l’époque par le procureur de la République avait été classée sans suite.

Voir aussi :
* Gilles Bridier, « Clearstream : Jean-Louis Gergorin, la stratégie du complot », Slate.fr, 24 septembre 2009.