Il accuse les Juifs de « planifier méticuleusement le génocide de la race européenne », regrette de ne pas en avoir tué plus et considère Donald Trump comme un « sioniste ».

John T. Earnest

Un jeune homme de 19 ans a été arrêté peu après l’attentat qui a coûté la vie, samedi 27 avril, dernier jour de la Pâque juive, à une femme de 60 ans dans une synagogue loubavitch de Powey, dans la région de San Diego, en Californie, et blessé trois autres personnes dont une jeune fille mineure. Le fusil d’assaut du tueur se serait enrayé, limitant le nombre de victimes (une centaine de fidèles étaient présents dans le lieu de culte).

Du nom de John T. Earnest, le suspect, un étudiant en infirmerie, a posté sur internet un texte de 4000 mots dans lequel il motive son geste, revendique un incendie volontaire contre une mosquée de Californie une semaine après les attaques de Christchurch et explique qu’il a commencé à planifier l’attaque de la synagogue il y a un mois :

« Quatre semaines. Il y a quatre semaines, j’ai décidé de faire ça. Et quatre semaines plus tard, je l’ai fait. Je me souviens du moment précis après le sacrifice de Brenton Tarrant que quelque chose a fait tilt dans ma tête. “Si je ne défends pas ma race, comment puis-je attendre que d’autres le fassent ?” J’ai immédiatement commencé à me préparer et je n’ai jamais regardé en arrière. Je n’ai jamais douté. Je n’ai jamais eu peur. »

Dans son manifeste, Earnest cite Brenton Tarrant, l’auteur du massacre de la mosquée de Christchurch (Nouvelle-Zélande) le 15 mars dernier, ainsi que Robert Bowers, responsable de l’attaque contre la synagogue Tree of Life de Pittsburgh (Etats-Unis) exactement six mois plus tôt jour pour jour. Parmi ses autres sources d’inspiration, le tueur cite aussi bien Jésus-Christ, Saint-Paul, Martin Luther et Beethoven qu’Adolf Hitler…

Il accuse spécifiquement les Juifs de « planifier méticuleusement le génocide de la race européenne » et appelle tous les hommes blancs « riches ou pauvres, jeunes ou âgés », à suivre son exemple et à agir « contre le Juif tyrannique et génocidaire ». Il écrit :

« Je me fous de la monnaie basée sur la dette que les Juifs aiment appeler monnaie. Je me fous du pain et des jeux que la juiverie a utilisé pour tenter de pacifier mon peuple. Je sacrifie volontiers mon avenir – celui d’avoir un travail épanouissant, une épouse aimante et des enfants fantastiques. Je le sacrifie pour le bien de mon peuple. De NOTRE peuple. Je mourrais mille fois pour éviter le destin maudit que les Juifs ont planifié pour ma race. »

Earnest utilise plusieurs lieux communs antisémites dans son texte, accusant notamment les Juifs de contrôler les médias et la finance. Il fait aussi référence au « marxisme culturel », l’un des thèmes favoris de l’Alt-Right. Il prétend que les Juifs ne lui ont pas laissé le choix :

« Je ne voulais pas avoir à tuer des Juifs. Mais ils ne nous ont donné aucune autre option. Je suis juste un mec normal qui voulait fonder une famille, aider et soigner les gens et jouer du piano. Mais le Juif – avec ses instincts génocidaires – titille l’ours jusqu’à ce qu’il lui arrache la tête. Le Juif nous a forcé la main et notre réponse est complètement justifiée. »

Il explique que les juifs ciblés à la synagogue ne sont pas innocents :

« Chaque juif est responsable du génocide méticuleusement planifié de la race européenne. Ils agissent en tant qu’unité et chacun joue son rôle pour asservir les autres races autour de lui, que ce soit consciemment ou inconsciemment. Leurs crimes sont infinis. Pour mentir et tromper le public par leur rôle exorbitant dans les médias, pour avoir utilisé l’usure et les banques pour asservir des nations endettées et contrôler toutes leurs finances dans le but de financer le mal, pour leur rôle dans le déclenchement de guerres fondées sur des mensonges qui ont coûté la vie à des millions de personnes à travers l’histoire. »

Earnest accuse également les juifs d’avoir tué le Christ : « Tous les juifs, jeunes et vieux, ont contribué à ça. Pour leurs crimes, ils ne méritent rien d’autre que l’enfer. »

Il écrit qu’il ne ressent aucun remord et n’a que haine pour les Juifs :

« Les Juifs ont épuisé notre patience et notre miséricorde. Je ne ressens aucun remords sinon de ne pas en avoir tué davantage. […] Je déteste ceux qui cherchent la destruction de ma race. Tous les Juifs actuellement en vie participent à la destruction de ma race. Est-ce que ça répond à votre question ? »

A l’instar de Robert Bowers, John Earnest clame très clairement qu’il n’est pas un supporter de Donald Trump qu’il considère comme un « sioniste, un amoureux des Juifs, un anti-Blancs et un traître ». Sur le réseau social Gab, Earnest expliquait que le président américain n’était pas assez antisémite pour lui.

 

Voir aussi :

Cinq enseignements sur Pittsburgh

Racisme anti-musulman et « Grand Remplacement » : réflexions sur Christchurch

Une année d’antisémitisme sur Twitter : une étude inédite de l’ADL