Extraits de Charles Enderlin, “Un enfant est mort”, éd. Don Quichotte, 2010, chapitre 4.
Cette opération est construite sur un moule identique à celui d’autres histoires du même genre. À l’instar des « théories » sur les attentats du 11 septembre ou sur la mort de Lady Di, dans l’affaire Al-Dura les « conspirationnistes » partent du principe que le complot est la seule explication possible à l’événement. Pour eux, le hasard n’existe pas : Talal s’est trouvé sur place parce qu’il devait s’y trouver. Seule la théorie de la mise en scène peut expliquer les décalages d’horaires entre mon reportage et l’arrivée du corps à l’hôpital Shifa, la main passant devant la caméra sur une des séquences, etc.
David Aaronovitch, un chercheur britannique, a énuméré les caractéristiques de ce qu’il appelle « les histoires vaudoues ». Les voici, appliquées à l’affaire Mohammed Al-Dura :

1. L’Autre est capable du pire pour faire progresser sa cause.

Selon les « conspirationnistes », déjà, dans le passé, les Palestiniens se sont livrés à des mises en scène macabres. Par exemple : l’armée israélienne a diffusé, le 5 mai 2002, des images prises depuis un drone, et montrant – selon son interprétation – de fausses funérailles d’un « mort palestinien » revenant subitement à la vie et sautant de son brancard. Cette histoire a été reprise par tous les sites militants mais, en fait, il est impossible d’en vérifier la véracité. Nous ne savons pas s’il s’agit effectivement de fausses obsèques ou si le « mort » joue la comédie pour échapper aux militaires israéliens. (…)

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Voir aussi :
* Charles Enderlin, protagoniste et analyste de l’affaire Al-Dura
* L’affaire al-Dura : des mythes concurrents sur fond d’intifada