L’article discute la thèse célèbre de Georges Lefebvre sur le rôle d’un "complot aristocratique" dans les origines de la Grande Peur. En fait, en dehors de Paris, les preuves documentaires d’une croyance à un tel complot avant le déclenchement de la panique semblent être assez maigres. On trouve, en revanche, au beau milieu de la Peur, beaucoup d’exemples de solidarité verticale entre noblesse et roturiers. Les soupçons de complots sont en fait souvent apparus, par la suite, au fur et à mesure que les gens essayaient d’expliquer ce qui venait de se passer. La "cause" la plus vraisemblable de la Grande Peur est l’inquiétude, très répandue au début de la Révolution, face à l’instabilité, à l’anarchie, au vide du pouvoir, une inquiétude nettement accentuée par la crise de juillet. Dans beaucoup de provinces, l’obsession d’un complot aristocratique ne serait ainsi apparue que plus tard, dans les mois et années qui suivent l’été 1789.

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Source : Annales historiques de la Révolution française, Vol. 335, 2004, n° 1, pp. 1-17.