Hassan Iquioussen est-il plus fréquentable qu'Alain Soral ?
C’est un micro-événement dont on n’aurait jamais entendu parler s’il n’avait pas été annulé (ou plutôt « reporté »). Le 1er octobre prochain aurait dû se tenir à Rennes une conférence organisée à l’initiative de l’association d’extrême droite Égalité et Réconciliation avec son président Alain Soral et le prédicateur islamiste Hassan Iquioussen.

C’était sans compter avec la vigilance des militants du Nouveau Parti Anticapitaliste d’Ille-et-Vilaine. Le 18 septembre, le NPA 35 a diffusé un communiqué appelant à manifester contre la tenue de cette conférence à Rennes, relevant que les deux conférenciers ont pour point commun leur antisémitisme. « La tenue de cette conférence, poursuit le communiqué, est inadmissible. Ce sera un espace de propagande réactionnaire aux accents de racisme, d’antisémitisme, de sexisme et d’homophobie ». On pourrait rajouter "négationnisme", tant il est vrai qu’Alain Soral n’hésite plus désormais à remettre en cause l’existence des chambres à gaz (1).

Deux jours plus tard, le Collectif Antifasciste rennais a mis en ligne un tract repris sur Indymedia Nantes et appelant également à une manifestation unitaire le 1er octobre, jour de la conférence. Curieusement, le tract en question se focalise uniquement sur la venue à Rennes d’Alain Soral. Il ne dit aucun mot de Hassan Iquioussen, pourtant auteur d’une conférence violemment antisémite dont le contenu avait été révélé par L’Humanité début 2004.

Lié à l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), Iquioussen est plus versé dans la politique que dans la spiritualité. A l’instar de Hani Ramadan, dont il est proche, il prône une vision du monde fondamentalement conspirationniste projetant sur les Juifs, accusés de « comploter contre l’islam et les musulmans », une volonté secrète de dominer le monde. En octobre 2008, Hassan Iquioussen avait tenu une conférence à Amiens aux côtés de Tariq Ramadan et du politologue Vincent Geisser.

Note :
(1) Dans sa préface au livre collectif Le 11 septembre 2001 n’a pas eu lieu, publié aux éditions "Le Retour aux sources" (fondées par Michel Drac et François Sainz), Alain Soral écrit : « Le coup de grâce qui acheva d’inverser totalement la lecture héroïque des attentats fut le passage – tout aussi historique – de Thierry Meyssan chez Thierry Ardisson pour y présenter son livre "L’Effroyable imposture". Une prestation calme, posée, argumentée, où toutes les contradictions de la version officielle étaient pointées du doigt pour mener à cette conclusion, implacable : il ne pouvait s’agir que d’une opération sous faux drapeau impliquant des complicités du pouvoir au plus haut niveau. Une conclusion amenée après une démonstration si rigoureuse que personne sur le plateau n’eut seulement l’idée de la contester en poussant ces petits cris d’indignation devenus depuis obligatoires pour tout soumis au Système, tout lèche-cul médiatique qui tient à se faire bien voir, ou à ne pas se faire marginaliser ! Le livre de Meyssan ? Un magnifique exemple de ce que pourrait devenir, de façon plus générale, le révisionnisme historique sans l’inique loi Gayssot ! Les collabos à l’Empire ne s’y trompent pas d’ailleurs, eux qui vont jusqu’à clamer, devant la déferlante de doutes quant à la version officielle, qu’oser la constester c’est comme remettre en cause l’existence des chambres à gaz. Ce qui est parfaitement exact ! ».