Alors qu’un groupe Facebook « Soutiens a l’innocence de Mehdi Nemmouche » (sic) s’est créé ce dimanche 1er juin en fin d’après-midi, retour sur la théorie du complot sur la tuerie du Musée juif de Bruxelles.

Les premières spéculations complotistes sont apparues dans les heures qui ont suivi l’annonce de la tuerie de Bruxelles. Laurent Louis, suivi de près par Pierre Jovanovic, ont eu, comme on le sait, le privilège de formuler les premiers publiquement leur croyance en une manipulation politique.

Ils ont été rejoints dès le lendemain sur les réseaux sociaux par Claude Karnoouh qui, sur le mur Facebook de Jean Bricmont, se dit « à peu près sûr [qu’il s’agit d’un] attentat sous faux drapeau ». Figure de la complosphère francophone, Karnoouh a participé à la conférence Axis for Peace organisée par Thierry Meyssan en 2005 à Bruxelles. Membre éphémère du conseil d’administration du Réseau Voltaire, il s’était illustré au début des années 1980 en prenant la défense du négationniste Robert Faurisson et en proclamant que les chambres à gaz n’ont pas existé.

Au même moment, Blue Rider, le responsable de la section bordelaise de l’association conspirationniste ReOpen911 – qui milite pour une nouvelle enquête sur les attentats du 11-Septembre –, explique sur Facebook (ici, et ) que « cette histoire d’attentat à Bruxelles ne tient pas debout ». Pour lui, ce « false flag (…) n’a rien à voir avec l’antisémitisme ».

Idem pour Alain Benajam. Président du Réseau Voltaire-France, ce proche de Thierry Meyssan considère que « l’attentat de Bruxelles pue le « false flag » ». Pour ce soutien indéfectible de Dieudonné, l’opération aurait eu pour but de « mettre Soral en accusation ». Son post comptabilise près de 200 « J’aime ». Dans les minutes qui suivent sa publication, la conspirationniste Ariane Walter, qui officie sur les sites LeGrandSoir.info et Oulala.info, confie avoir « exactement la même impression » que Benajam.

Peu après l’annonce de l’arrestation du suspect dimanche 1er juin 2014, Benajam enfonce le clou : « Maintenant il nous reste de croire à la fable politico-médiatique, Un djihadiste dit-on c’est à dire une personne soutenue, financée, armée par les forces noires de « l’occident » suivi de très près par les services de renseignement… un truc à la Merah sans doute, un coup fourré certainement. »

Mais c’est à Tariq Ramadan que revient la palme du plus grand fail. Sur les réseaux sociaux, l’islamologue suisse, désormais coutumier des saillies conspirationnistes, a laissé entendre la semaine dernière que le caractère antisémite du crime relevait d’une « manœuvre de diversion quant aux vrais motifs et aux exécutants ». Tenant pour acquis que deux des victimes de la tuerie « travaillaient pour les services secrets israéliens » (Ramadan cite le journal belge Le Soir, qui n’est pas aussi péremptoire, et pour cause puisque les victimes en question, Emmanuel et Myriam Riva, étaient… comptables dans la fonction publique israélienne), il demandait à ce qu’on cesse « de nous prendre pour des imbéciles ».