Par Assumpta Mugiraneza

“Noires fureurs, blancs menteurs”, de Pierre Péan (Mille et une nuits, 2005).

Dans un ouvrage visiblement écrit à la hâte et dont le titre à lui seul est une interpellation (Noires fureurs, blancs menteurs), Pierre Péan affirme apporter des éléments conduisant à réviser le discours habituel sur le génocide dont furent victimes les Tutsi du Rwanda entre avril et juillet 1994. Énonçant sa vérité « sur les terribles massacres de 1994 », l’auteur met en scène un nouveau monde où la victime devient bourreau et où le bourreau devient victime. Un monde où les défenseurs des droits de l’homme deviennent des extrémistes à la solde des Tutsi, et où les individus impliqués dans le génocide deviennent, comme par magie, des références absolues.

On peut s’interroger quant aux mobiles de cette incursion de Pierre Péan sur un terrain où il ne s’était signalé par aucune pratique journalistique ni aucun travail d’investigation. Quelle mouche a bien pu piquer cet homme ? Pourquoi se noie-t-il dans une entreprise aussi peu maîtrisée et exhalant des relents de racisme ? Pourquoi prend-il le risque de blesser une population qui tente de se relever d’un génocide ? Pourquoi met-il en jeu la réputation de son pays dans une entreprise de négationnisme avéré ?

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