En transformant le geste de Brigitte Macron à son mari en « crochet du droit », les propagandistes du Kremlin ne s’interdisent aucun coup bas.

Des images équivoques, une communication défaillante et des trolls toxiques : c'est un cocktail qui ne cesse d'empoisonner le débat public. Nouvel exemple le dimanche 25 mai au soir, lorsque l’avion du couple Macron atterrit à Hanoï, marquant le début d’une tournée officielle en Asie du Sud-Est. La porte s’ouvre et l’on aperçoit furtivement la main de Brigitte Macron se porter au visage de son mari, lequel recule avant de prendre conscience qu’il est observé. L’image est floue et le geste, sujet à interprétation.
L’Élysée parlera d’un «moment de complicité » – « on plaisantait avec mon épouse comme on le fait assez souvent », dira Emmanuel Macron –, la presse de « chamaillerie », la chaîne russe RT France de scène de « tension », et les piliers de bistrot de ce gigantesque bar PMU qu’est devenu X de « gifle ». Au diapason, sur CNews, des commentateurs spéculeront même sur le scénario d’un chef de l’État « battu » par sa femme...
Un masculinisme qui relie, dans un même rire gras, de Moscou à Paris, ceux qui pensent qu’un homme qui ne mate pas sa femme ne peut diriger un pays. Ainsi, sur Telegram, la célèbre porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, va plus loin encore et livre sa propre interprétation à ses 526 000 abonnés. [...]
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