L’écrivain a été relaxé des poursuites engagées par SOS-Racisme pour “provocation à la discrimination raciale”. Décryptage.

Pierre Péan relaxé

Les Tusti ont-ils une culture du mensonge ? Et les femmes de leur diaspora tutsi ont-elle su choisir “des lits appropriés” pour infiltrer certaines organisations internationales ? Ce sont là quelques propos de l’ouvrage de Pierre Péan, Noires fureurs, Blancs menteurs.

(…) Auteur de nombreux livres d’enquête, le journaliste était poursuivi pour quatre pages (sur six cents) attribuant aux Tutsi une “culture du mensonge et de la dissimulation”. Pierre Péan explique que cette formation au mensonge a été “observée par les premiers Européens qui ont eu un contact prolongé avec les Tutsis”. Et de citer l’un d’entre eux, un certain Paul Dresse, agent territorial dans les années 1940 :

“(…) C’est ce qui fait de cette race l’une des plus menteuses qui soit sous le soleil.”

Comme le langage peut paraître violent, Pierre Péan spécifie au lecteur, en bas de page, que l’auteur de ces propos utilise “le langage colonial de l’époque”. Rassuré par cette précision, ce même lecteur aura cependant eu de nombreuses occasions d’éprouver un nouveau choc face au vocabulaire, colonial ou non, déployé durant les trois jours de procès les 23, 24 et 25 septembre.

Une vingtaine de témoins de la Défense ont défilé à la barre pour expliquer que, oui, pour les Tutsi, le mensonge était “une culture”, “un lieu commun” ou “dans la mentalité primitive”. Une ancienne missionnaire au Rwanda explique, à propos de cachotteries que pouvaient faire des enfants tutsi à l’école : “Notre éducation essayait de les rendre normaux.” […]

Lire l’intégralité de l’article sur le site de Rue89. (extraits de Souâd Belhaddad, « Procès Péan : il n’est pas raciste de trouver les Tutsi menteurs », Rue89, 8 novembre 2008).

 

Voir aussi :

Pierre Péan est-il un adepte de la théorie du « complot tutsi » ?