[LU SUR LE WEB] “Peut-être comprendrait-il mieux le ridicule de ses démonstrations s’il cherchait à se les appliquer à lui-même”, écrit le sociologue Gérald Bronner à propos du philosophe et de son interprétation de l’élection présidentielle.

Couverture de “Valeurs actuelles” (1er-7 juin 2017).

L’accusation de conspirationnisme peut injustement disqualifier un adversaire et ce terme ne doit pas servir de repoussoir à toute tentative de critique du monde. Cette mise en garde ne doit pas autoriser non plus l’impunité intellectuelle dans ce domaine. Certains, avant de développer leur rhétorique, prennent soin de l’introduire en disant : “Evidemment, on va m’accuser de complotisme.”

Cette tactique en forme de prétérition, Michel Onfray n’hésite pas à en user dans sa dernière vidéo : “Les loups sont entrés dans Paris.” Un monologue où il propose de nous livrer son interprétation de l’élection présidentielle. En avertissant que quiconque désigne la machine de guerre capitaliste passe pour un complotiste, l’intellectuel abuse du sophisme de l’épouvantail consistant à attribuer à un adversaire des arguments outrés et facilement réfutables.

En effet, si beaucoup de conspirationnistes sont critiques du système capitaliste, toutes les critiques d’Onfray ne sont évidemment pas conspirationnistes. Mais il oublie sa réciproque, le fait de critiquer le capitalisme n’immunise pas du tout contre l’idéologie complotiste. Le problème ici n’est pas qu’il serait un dangereux rebelle qu’il conviendrait de discréditer, mais simplement qu’il use de procédés rhétoriques typiques du complotisme parmi lesquels son grossier avertissement à ceux qui voudraient le contredire :

“Celui qui stigmatise le complotisme a, la plupart du temps, intérêt à cacher qu’il fonctionne comme une pièce majeure du système.”

Pour Onfray, cette élection prouve que le “dispositif a bien fonctionné comme prévu par le capital” et révèle qu’il existerait un “Moloch totalitaire” qui placerait ses hommes où bon lui semble pour mieux dominer les foules. […]

Lire la suite sur le site de L’Obs.

 

Voir aussi :