Le député nationaliste Alexeï Jouravlev accuse Washington d’utiliser des armes climatiques contre son pays faute de pouvoir rivaliser avec la technologie militaire russe.

Alexeï Jouravlev dans l’émission « 60 Minutes » (images : Rossiya 1, 10 août 2019)

Depuis le début de l’été, les vagues de chaleur qui ont frappé la planète ont provoqué des incendies désastreux dans certaines régions du monde. En Sibérie, 15 millions d’hectares de forêt ont été ravagés par les flammes. Les fumées générées par les incendies ont même atteint certaines des plus grandes villes de Russie comme Novossibirsk, rendant l’air pratiquement irrespirable. A l’inverse, dans la région d’Irkoutsk, au nord de la Sibérie, ce sont des pluies torrentielles qui se sont abattus sur les habitants, allant jusqu’à faire déborder le cours de plusieurs rivières.

Or, pour le député Alexeï Jouravlev, président du parti nationaliste Rodina, un parti d’extrême droite co-fondé par Sergey Glazyev, tout est de la faute des États-Unis, comme il l’a déclaré sur la chaîne de télévision publique Rossiya 1 samedi 10 août :

« [Ils] testent des armes climatiques. Il ne devrait pas y avoir d’étés comme celui-là, nous le savons tous. Nous avons des incendies et des pluies torrentielles à Moscou. Eh bien, le “Comité régional de Washington” [“Washingtonskiy Obkom”, en russe – ndlr] travaille ».

Pour Jouravlev, si les États-Unis attaquent la Russie via des armes climatiques, c’est que – toujours selon lui – pour la première fois depuis des décennies, la Russie aurait atteint la supériorité en matière d’armement : le reste du monde ne pouvant rivaliser avec les missiles supersoniques russes, les Américains se livreraient à des attaques climatiques contre la Russie.

Une déclaration qualifiée de « délire » par Evgeny Tishkovets, du Centre PHOBOS, une entreprise spécialisée dans la visualisation graphique des données météorologiques, qui rappelle que l’été le plus froid qu’a connu Moscou remonte à l’année 1884, à une époque où « il n’y avait pas d’armes climatiques »

Cité par l’agence de presse russe RIA Novosti, le président de la commission de la Douma sur l’écologie et la protection de l’environnement, Vladimir Burmatov, récuse l’idée que les incendies en Sibérie aient pu être provoqués par des armes climatiques américaines. Selon ce député membre de Russie unie (le parti de Vladimir Poutine), les incendies de forêt des dernières semaines sont principalement dus au fait que les autorités régionales n’ont pas réussi à anticiper une telle situation assez vite : « Selon mes informations, seul un tiers des régions dans leur ensemble s’est procuré du matériel pour lutter contre le feu et a mis en œuvre des mesures préventives pour protéger les forêts des incendies en temps voulu ». Autres facteurs explicatifs évoqués par Burmatov : la corruption des autorités et des forces de l’ordre.

Directeur du Centre météorologique russe, Roman Vilfand assure quant à lui que la météo peu ordinaire qui accable la Russie s’explique par un cyclone stationnaire au-dessus de l’Oural.

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