La « fraude du nom légal » est une croyance conspirationniste qui constitue le coeur de la doctrine du mouvement dit des « êtres souverains ».

Selon eux, « la France est une entreprise privée depuis 1947 » (sic) et l’État volerait secrètement à chacun de ses administrés son « nom légal », autrement dit sa « personnalité juridique » (que les « êtres souverains » appellent un « homme de paille »), le tout avec la complicité des fonctionnaires chargés d’enregistrer l’état civil, des magistrats, des banquiers et des médias.

Par cette escroquerie, chaque individu ayant fait l’objet d’une déclaration de naissance serait, de fait, transformé en bon du Trésor.

L’objectif d’une telle opération « frauduleuse » serait d’asservir légalement les citoyens à qui il suffirait, pour mettre un terme à cet « esclavage », de se déclarer « souverain » en refusant de respecter les lois, en n’honorant pas les contrats qu’ils ont signés (puisqu’ils l’auraient été par leur double juridique et non par eux-mêmes) et en cessant notamment de payer impôts et taxes diverses.

S’appuyant sur plusieurs arguments pseudo-juridiques, cette thèse fantaisiste forgée aux États-Unis trouve de nombreux adeptes sur Internet. Le thème de la « fraude du nom légal » est notamment relayé par les sites complotistes Pro Fide Catholica (de Laurent Glauzy), Lumière sur Gaia ou par les vidéastes complotistes Johann Fakra, Hayssam Hoballah, Emelie de Sartiges et Alice Pazalmar.

En août 2019, le site de lutte contre l’extrême droite Debunkers de hoax a consacré une enquête critique à cette théorie du complot farfelue imprégnée d’antisémitisme.

La liste covido-complotiste « France Démocratie Directe », présentée aux élections régionales 2021 et emmenée par un Parisien ex-Gilet jaune dénommé Lionel Brot, propose explicitement sur son site officiel de « poser progressivement les bases d’une démocratie directe, avec […] la fin de la fraude du nom-légal » [archive].

 

(Dernière mise à jour le 15/07/2021)