Par Marie-Sandrine Sgherri

[LU SUR LE WEB] Dieudonné cultive l’ambiguïté, attise la haine, mais laisse à ses interlocuteurs le soin de compléter ses sous-entendus. Résultat : ses procès pour antisémitisme se sont soldés par des relaxes. Pourtant, l’ensemble de ses déclarations donne le vertige.

Dieudonné M’Bala M’Bala (capture d’écran YouTube/INA, 11 décembre 2004).

Le 11 décembre 2004, Dieudonné, invité par Thierry Ardisson, prend la défense de la chaîne de télé Al-Manar, chaîne qui, précise Ardisson, accuse les Israéliens d’avoir inoculé le sida en Afrique. A la question : qu’en penses-tu ?, Dieudonné répond : « Le sida est une invention pour anéantir le peuple noir d’Afrique. Ce serait pas mal de faire une étude sur les origines de cette maladie. Non, je ne le pense pas, mais je m’interroge. Il faudrait une commission d’enquête. »

Cette sortie délirante de l’« humoriste » passe pourtant inaperçue. Dix jours auparavant, Dieudonné a joué ce fameux sketch dans l’émission de Marc-Olivier Fogiel. Chacun s’étripe alors sur le point de savoir s’il a crié « Isra’Heil » ou Israël, et personne ne relève que Dieudonné vient de semer le plus effroyable des doutes sur la plus invraisemblable des accusations. Il est vrai qu’il n’a pas formellement accusé les juifs ni même Israël. Il s’est « interrogé »… […]

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