Roger Waters accuse les Casques blancs d’avoir assassiné des civils syriens dans le cadre d’une mise en scène visant à accuser le régime de Bachar el-Assad.

Le 16 mai dernier, Roger Waters a publié un statut Facebook dans lequel il accuse les Casques blancs, une organisation de secouristes bénévoles intervenant dans les zones contrôlées par les rebelles syriens pour prêter secours aux victimes des affrontements, d’avoir mis en scène l’attaque chimique qui s’est abattue sur Douma le 7 avril 2018. Selon le bassiste du groupe Pink Floyd, dont le post cumule 3 300 likes et plus d’un millier de partages, l’organisation humanitaire a « probablement assassiné 34 femmes et enfants pour mettre en scène ce triste jour à Douma », faisant allusion aux 34 cadavres décomptés sur les vidéos relatives au drame.

Roger Waters commentait la fuite d’une note datée de février 2019 et attribuée à un chef d’équipe d’inspections de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Portant sur l’attaque chimique de Douma, cette note de 15 pages concluait que deux barils de chlore retrouvés à Douma y ont probablement été placés « manuellement » et non, comme le suggère le rapport final de l’OIAC publié le 1er mars 2019, largués depuis les airs. Le document a été diffusé sur internet par le site Syriapropagandamedia.org, qui compte parmi ses membres la blogueuse complotiste Vanessa Beeley. Il a été abondamment relayé et commenté par la complosphère pro-Kremlin.

The Syria Campaign, une organisation humanitaire syrienne qui soutient – entre autres – les Casques blancs, n’a pas tardé à réagir sur Twitter, rendant public lundi 20 mai un courriel de l’OIAC lui indiquant que toutes les informations recueillies par sa mission d’inspection en Syrie ont été prises en compte dans l’élaboration de son rapport final, signé par son directeur général. L’OIAC a également précisé qu’une enquête interne avait été diligentée au sujet de la diffusion non autorisée du document en question.

Dans une série de tweets, The Syria Campaign déplore que Roger Waters utilise sa notoriété pour salir la réputation des secouristes syriens : « Il y a de graves conséquences pour la protection des humanitaires qui sont délibérément ciblés par le régime syrien et la Russie ». Elle a rappelé également que plus de 250 Casques blancs ont été tués en Syrie, la majorité d’entre eux dans des attaques suivant de quelques minutes un premier bombardement.

L’organisation conclut en expliquant que pendant que Waters tweete confortablement de chez lui, la Défense civile syrienne sort des décombres des personnes dont les maisons se sont effondrées à la suite d’attaques aériennes russes.

En avril 2018, Waters avait créé la polémique lors d’un concert à Barcelone en qualifiant les Casques Blancs de « fausse organisation qui n’existe que pour faire de la propagande au bénéfice des djihadistes et des terroristes ».

 

Voir aussi :

Que disent vraiment les tweets de Riam Dalati, producteur à la BBC, au sujet de l’attaque chimique de Douma ?

Syrie : une attaque chimique « mise en scène » ? Pourquoi ça ne tient pas