Mardi 28 août, l’influent quotidien conservateur britannique Daily Mail a une nouvelle fois mis en cause le patron du Labour pour des propos à caractère complotiste qu’il a tenus il y a huit ans, dans le contexte de l’affaire du Mavi-Marmara[1]. En 2010, lors d’un meeting de la Palestine Solidarity Campaign à Londres, Jeremy Corbyn a prononcé un discours dans lequel il a affirmé que des députés britanniques récitaient des éléments de langage qui leur auraient été communiqués par… l’ambassade israélienne. Ils auraient même tenu dans leurs mains un « script » de ce qu’ils étaient censés dire (« a pre-prepared script ») :

« [Les députés] sont tous arrivés [dans la salle des débats] avec un script en mains. Je suis sûr que notre ami Ron Prosor (alors ambassadeur d’Israël au Royaume-Uni – ndlr) l’a écrit. Parce qu’ils sont tous venus avec les mêmes mots-clés. C’était un peu comme lire un texte européen à la recherche de formules-chocs. Et ces formules étaient “le besoin de sécurité d’Israël”. Et ensuite “l’extrémisme des gens sur le bateau”. Ainsi que “l’existence de militants turcs sur le navire”. Ça transparaissait dans chacun des discours [prononcés par ces députés], ce truc était perceptible ».

Le Daily Mail a cherché à vérifier les allégations de Corbyn. Il n’a toutefois trouvé aucun élément de nature à corroborer ces accusations, ni même une trace des fameuses formules-chocs (« buzz-words ») évoquées en 2010 par le député travailliste. Plusieurs députés qui ont pris la parole au cours des débats relatifs à l’arraisonnement de la flottille pour Gaza par Israël ont en outre confirmé au média britannique qu’ils n’ont, pour préparer leurs interventions, jamais reçu aucun élément de langage ou formule-choc provenant de sources israéliennes.

Ces nouvelles révélations interviennent dans ce qui est sans doute l’une des pires crises de leadership traversées par le Parti travailliste dans toute son histoire.

Note :

[1] Le Mavi-Marmara était le navire amiral de la flottille affrétée en mai 2010 par l’IHH (une importante organisation islamiste turque proche du parti de Recep Tayyip Erdogan) pour briser le blocus maritime de la bande de Gaza. 9 activistes (8 Turcs et un Américain d’origine turque) avaient trouvé la mort au cours de l’opération d’arraisonnement conduite par l’armée israélienne.