Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot

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La Foire aux illuminés, de Pierre-André Taguieff
L'Obsession du complot, de Frédéric Charpier
Le Complot : L'histoire secrète des Protocoles des Sages de Sion, de Will Eisner
La Société parano, de Véronique Campion-Vincent
Histoire d'un mythe. La "conspiration" juive et les protocoles des sages de Sion, de Norman Cohn
Les Nouveaux imposteurs, d'Antoine Vitkine
Les rhétoriques de la conspiration, sous la direction d'Emmanuelle Danblon & Loïc Nicolas
L'Effroyable Imposteur, de Fiammetta Venner
Les Protocoles des Sages de Sion : Faux et usages d'un faux, de Pierre-André Taguieff
La synarchie. Le mythe du complot permanent, d'Olivier Dard





Der Angel der Schwarzen Sonne, de Sahid el Farrak (Unitall Verlag, 2008)
Un article d'Emanuell Möbius, paru dans le magazine allemand Der Spiegel au mois de juin dernier, s'intéresse à un phénomène grandissant outre-Rhin : le succès de la science-fiction d'inspiration nazie.

Les livres de la collection Stahlfront (« Front d'acier » - NDLR), des éditions suisses Unitall, sont tous basés sur le même cocktail de violence, de théorie du complot et d'exaltation nationaliste, un mélange qui n'est pas sans rappeler celui d'un autre roman de science-fiction à succès, publié en 2005, turc celui-là, Tempête de Métal. Les trois premiers titres de la collection se seraient déjà vendus autour de 30 000 exemplaires.


Engel der Schwarzen Sonne (L'Ange du Soleil noir - NDLR) est le premier livre de Sahid el Farraks, un auteur d'origine irakienne. Publié fin 2008, l'ouvrage est présenté comme un « thriller occulte ». Il s'agit en réalité d'un genre bien différent du thriller. Sous couverts de guerre contre des extra-terrestres, on y découvre de vaillants combattants blonds aux yeux bleus venus de l'Antarctique ayant créé, par croisement entre des Africains et des gorilles (!), une race hybride dont ils se servent comme de chair à canon. Des êtres « stupides mais puissants », prend soin de préciser le narrateur.

Non content d'assister au bombardement nucléaire de la Chine, à l'émasculation de jeunes Turcs et à une nouvelle invasion de la Pologne, d'où se prépare la contre-attaque d'une conspiration intergalactique, le lecteur est également invité à décoder les multiples références à l'ésotérisme nazi qui ponctuent l'ouvrage. L'ordre des sauveurs aryens qui s'opposent à l'invasion extraterrestre se nomme ainsi « Soleil noir », en référence à un ornement du château de Wewelsburg, ancien quartier général de la SS. Ils viennent de Nouvelle-Souabe, une terre du pôle Sud revendiquée par l'Allemagne hitlérienne et considérée par les néo-nazis comme leur Terre promise. Un corps d'élite est baptisé TT, pour « Troupes Thulé » du nom d'une société secrète qui inspira aux nationaux-socialistes plusieurs de leurs mythes. Cerise sur le gâteau, tout cela est censé se passer en 2010.


Voir aussi, sur Conspiracy Watch :
* « Littérature ufologique et dérives conspirationnistes » (1ère partie ; 2ème partie), par Emmanuel Kreis et Stéphane François.