Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot

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Par Emmanuel Kreis


Qu'est-ce que le 'Livre jaune n°5' ?
La diffusion du conspirationnisme dans la littérature ufologique permet à certains auteurs de recycler, en les réactualisant, tout un corpus de textes antisémites et antimaçonniques de la fin du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle. C’est le cas par exemple des livres de Jan van Helsing (pseudonyme de Jan Udo Holey).

Son premier ouvrage, Les Sociétés secrètes et leur pouvoir au XXe siècle, fut publié en 1995 par les Éditions Ewertverlag SL, installées aux Canaries et qui possédaient à cette époque une adresse française à Tourrettes sur Loup (Alpes-Maritimes) au nom de « Monsieur Félix ». En 2001, la maison se délocalise à l’île Maurice devenant par la même occasion les Éditions Félix, du nom du personnage qui apparaissait déjà derrière Ewertverlag SL. La première publication de ce nouvel éditeur fut le Livre jaune nº 5 (1), qui n’est en fait qu’une nouvelle version vaguement remaniée du précédent ouvrage Les Sociétés secrètes et leur pouvoir au XXe siècle. Ainsi, les photographies et plans d’ovnis figurant dans la première version ont étrangement disparu dans la seconde.

Les Éditions Ewertverlag SL affirmaient avoir reçu Les Sociétés secrètes par la poste, accompagné d’une lettre signée du pseudonyme Jan Van Helsing, l’auteur désirant rester totalement anonyme. Quant au second ouvrage, les Éditions Félix le présentent actuellement comme l’œuvre d’un « collectif d’auteurs », tout aussi désireux de garder l’anonymat, Les Sociétés secrètes et leur pouvoir au XXe siècle ayant fait l’objet d’une interdiction en Suisse et en Allemagne pour antisémitisme.

Jan van Helsing est un personnage très populaire dans certains milieux New Age en France et en Belgique (2). Pierre-André Taguieff n’hésite pas à qualifier le Livre jaune de « best-seller ». En effet, sa première publication fut indubitablement un succès dans les pays germanophones avec plus de 100 000 exemplaires vendus en Allemagne, Autriche et Suisse. L’Allemand Jan Udo Holey est pourtant un personnage pour le moins discret. L’ufologue conspirationniste (3) américain Peter Moon (pseudonyme de Vincent Barberick) affirme, dans son livre The Black Sun, l’avoir rencontré en 1994 lors d’une escale à Newark alors qu’il se rendait à Hawaï. Moon le décrit comme une ancienne figure de la scène punk allemande qui aurait abandonné la musique suite à la révélation de ses capacités médiumniques, grâce à un skinhead rencontré par hasard. L’ex-punk tombe alors dans un coma d'une semaine et demi au cours duquel il subit des sorties astrales, des décorporations, et a des visions diverses de « pyramides », de différentes divinités et de l’avenir. Selon Peter Moon, ces expériences poussèrent Jan van Helsing vers des recherches sur l'ésotérisme, l'occultisme et les sociétés secrètes (4).

Les Sociétés secrètes et leur pouvoir au XXe siècle se présente donc comme une relecture de l’histoire des XIXe et XXe siècles qui tiendrait compte de ce qui n’est « pas rendu public ». Pierre-André Taguieff résume l’ouvrage ainsi :

« Dans la grande conspiration mondiale qui est dénoncée, les Juifs tiennent la première place : non seulement ils sont partout (y compris sous divers masques : Roosevelt, Staline, Helmut Kohl ou George W. Bush), mais ils sont derrière les pouvoirs visibles et sont capables de tout (ils seraient responsables de la troisième guerre mondiale à venir !). Stéréotypes de l’infiltration, de la domination sans limites, de la manipulation et de la cruauté destructrice. Appliqués à la critique de la démocratie, ils conduisent à récuser celle-ci comme un décor trompeur occultant la réalité ploutocratique du pouvoir politique » (5).

Selon van Helsing, ces conspirateurs cacheraient à l’humanité, pour l’utiliser à leurs propres fins, « l’énergie libre » qu’aurait découverte Nikola Tesla et qui pourrait définitivement régler les problèmes mondiaux. Les nazis furent, d’après lui, les premiers à l’utiliser, réussissant à créer des disques volants aux capacités surprenantes.

Le Livre jaune nº 5 se présente comme un enchevêtrement complexe juxtaposant différents discours. Van Helsing entrecroise le New Age, l’ufologie nazie, le conspirationnisme anti-judéo-maçonnique, et l’aryosophie, multipliant ainsi les cibles potentielles de l’ouvrage. En effet, cet ouvrage s’adresse non seulement à un public déjà acquis aux discours et théories nazis, mais également aux adeptes du Nouvel Âge. L’auteur fait de nombreuses références au channeling et à l’Âge du Verseau. Il tente aussi de rapprocher les sciences physiques et naturelles des traditions mystiques. Van Helsing explique sa démarche dans une lettre, imprimée au début de l’ouvrage, servant ainsi d’accroche aux lecteurs et qui aurait accompagné l’envoi du texte publié par les Éditions Ewertverlag en 1995 :

« Vous devez savoir que toute la matière, depuis le microcosme jusqu’au macrocosme, est maintenue telle quelle grâce à des forces électromagnétiques. Si on trouve le moyen d’intervenir dans l’action de ces forces électromagnétiques et de les modifier, on peut d’une part agir sur la matière et d’autre part sur le temps. Il y a deux façons d’y parvenir : avec ou sans machines. Il s’agit de disques volants antigravitationnels qu’on appelle communément ovnis (...). D’autres machines (…) sont connues sous le nom de “machines à énergie libre”. Des hommes qui peuvent modifier la matière par une rotation consciente de leur propre champ magnétique ou MERKABAH (6) sont connus comme des AVATARS. (…) j’ai parcouru les cinq continents et dans presque chaque pays, j’ai pu voir des machines décrites ci-dessus et rencontrer des avatars (7). »

Cependant, le but de van Helsing n’est pas d’enseigner au lecteur les mystères de « l’énergie libre » ou les moyens de mener à bien sa propre ascension spirituelle à l’image des avatars, même si ceci se ferait naturellement si les hommes n’étaient pas « manipulés ». Mais il prétend avoir « découvert peu à peu pour quelles raisons ces choses ne sont pas divulguées, soit que ceux qui y sont impliqués font en sorte que ces sujets n’émergent jamais dans les médias ou soient tournés en ridicule, soit ils n’hésitent pas à supprimer des vies humaines pour empêcher toute publication sur ce sujet (8). » Finalement, plus que le Nouvel Âge en lui-même, c’est la dénonciation du complot qui intéresse van Helsing car elle lui offre la possibilité d’une réécriture historique, idéologiquement très orientée, des XIXe et XXe siècles.

Le IIIème Reich occupe une place centrale dans le Livre jaune nº 5 qui nous rapporte à ce sujet des révélations pour le moins surprenantes. Adolf Hitler serait un « occultiste et un ésotériste » qui aurait, à l’âge de 20 ans, essayé « d’atteindre des niveaux de conscience élevés à l’aide de drogues (9) ». Ces allégations ne sont pas nouvelles. Déjà dans les années trente, cette théorie fut avancée par certains, avant d’être remise au goût du jour par l’équipe de la revue Planète dans les années soixante. Cependant, elle permet à van Helsing de donner au national-socialisme une dimension mystique porteuse de vérité cachée, même si selon lui la mise en place du régime nazi est le fruit des « Illuminés ». Cette ambiguïté permet d’attribuer les atrocités du régime au complot et de sauver ainsi l’idéologie du IIIème Reich. Selon lui, pour comprendre le nazisme nous devons remonter à la Golden Dawn, bien que le rôle de celle-ci ne soit pas établi de façon claire. Car, outre le fait que Hitler aurait eu comme maître Aleister Crowley (10) et que les cinq réels instigateurs et idéologues du nazisme qui se seraient rencontrés à Vienne en 1917, « l’occultiste baron Rudolf von Sebottendorf, le disciple de Gurdjieff Karl Haushoper, l’aviateur de combat Lothar Waiz, le prélat Gernot de la société des héritiers des templiers (Societas Templi Marcioni) et Maria Orsitsch (Orsic), une médium de Zagreb (…) avaient beaucoup étudié les doctrines et les rituels du Golden Dawn (11) », l’auteur reste bien mystérieux sur les implications de cette société secrète victorienne. Surtout, van Helsing n’est pas le premier à prétendre qu’il existe des liens entre le régime national-socialiste et la Golden Dawn. De telles allégations se retrouvent dans Le Matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier :

« La Golden Dawn et le nazisme sont, aux yeux de l’historien raisonnable, sans commune mesure. L’historien est raisonnable, mais l’histoire ne l’est pas. Ce sont les mêmes croyances qui animent les deux hommes [Samuel Mathers, l’un des trois fondateurs de la société secrète et Adolf Hitler], leurs expériences fondamentales sont identiques, la même force les guide. Ils appartiennent au même courant de pensée, à la même religion. » (12)

Le groupe de Vienne aurait créé lui-même deux sociétés secrètes : la société Thulé et la société du Vril. Van Helsing précise que « la Société de Thulé s’occupait de choses matérielles et politiques tandis que la Société du Vril avait des occupations qui concernaient surtout l’au-delà (13) » et insiste grandement sur l’idéologie de ces deux groupes. La Société de Thulé aurait été une continuation de la « confrérie secrète de la Pierre Noire », elle-même « l’unique vraie société templière », héritière de Marcion (14). Elle aurait été consciente du complot mondial et aurait tenté d’œuvrer contre lui, mais si le diagnostic des causes du mal sont justes pour van Helsing, les méthodes qu’elle employa ne le furent pas :

« Les gens de Thulé savaient pertinemment ce qu’il en était des systèmes bancaires juifs, c’est-à-dire de Rothschild et compagnie ainsi que des Protocoles des Sages de Sion. Ils se sentaient mandatés, en accord avec la révélation de Sajaha, pour combattre ce peuple et particulièrement le système des loges juives et de leurs banques afin de créer le royaume de la lumière sur Terre. (…) Leur haine les a rendus si aveugles qu’ils ne se sont même pas rendus compte qu’ils utilisaient les mêmes armes que le soi-disant Dieu satanique Yahvé qu’ils voulaient combattre (15). »

Une autre croyance de la Thule-Gesellschaft qui, selon l’auteur ne serait « pas sans fondement », est la légende des « Hyperboréens aryens (16) ». Jimmy Guieu les appelle « Polariens » ou « Grands Nordiques ». Ce sont, bien entendu, des grands blonds à la peau claire et aux yeux bleus. Il a d’ailleurs consacré un cycle littéraire à ces Hyperboréens : « Nos ancêtres de l’avenir » et « La spirale du temps ». Ces Hyperboréens, peuples du système d’Aldébaran, seraient à l’origine du royaume polaire paradisiaque Ultima Thulé qui, détruit à la suite d’un cataclysme, aurait conduit les Aryens vers l’Himalaya où ils auraient fondé un royaume souterrain, l’Agarttha. Ces Hyperboréens posséderaient une avance technologique surprenante, maîtrisant les formes « d’énergie libre ». C’est par leur biais que les nazis, grâce à la Société du Vril, auraient été à même de créer des ovnis. En effet, selon van Helsing, « Maria [Orsitsch] avait capté des informations dans une écriture secrète des Templiers — une langue tout à fait inconnue pour elle — avec des précisions techniques pour construire un engin volant. Ces messages télépathiques étaient transmis, d’après les écrits de la société du Vril, du système solaire d’Aldébaran situé dans la constellation du taureau (17). » Van Helsing, qui s’étend longuement sur cette « néo-aryosophie » ainsi que sur les extraordinaires capacités des disques volants nazis, nous précise qu’il « éprouve un plaisir tout particulier à [vous] dévoiler ce thème », car il permet de constater « quels sont les milieux influents non allemands qui tiennent à cacher la vérité aux Allemands » (18). Or ces « vérités » ne sont ni très cachées ni très récentes. Elles se retrouvent déjà, par exemple, dans un livre édité en 1992, Das Vril-Projekt (19) de Jürgen Ratthofer et Ralf Ettl. Ceux-ci s’inscrivent eux-mêmes parfaitement dans le sillage des écrits de Miguel Serrano et d’Ernst Zündel. Ces révélations, comme le dit justement Nicholas Goodrick-Clarke, contribuent non seulement « à effacer la cruelle mémoire du troisième Reich, mais suggère que les nazis sont des personnes spirituellement intéressantes (20) ». Par la même occasion, leurs croyances se trouvent réhabilitées et leurs expérimentations scientifiques semblent des plus remarquables.

Cette apologie détournée du nazisme s’accompagne d’un révisionnisme historique éhonté. Nous y apprenons, par exemple, que l’Allemagne, peu après le printemps 1943, se proposait de capituler et ne fut jamais entendue par le gouvernement américain, que ce dernier poussa les Japonais à n’avoir « pas d’autre possibilité que de déclarer la guerre », et qu’il était parfaitement au courant que la première attaque de l’armée japonaise visait Pearl Harbor et fit prévenir la base seulement deux heures avant celle-ci pour que « tous périrent lamentablement », faisant alors passer les Japonais pour des « sales porcs perfides (21) ». La Shoah, quant à elle, même si elle n’est pas explicitement niée, se trouve fortement relativisée. Ainsi, van Helsing se plaît à rappeler que la Seconde Guerre mondiale fit 30 millions de morts, mais se garde bien d’avancer la moindre estimation du nombre de victimes du génocide nazi. S’il reconnaît qu’il y eut bien des chambres à gaz, il ne tente pas moins de déculpabiliser le Troisième Reich, nous disant par exemple qu’on « entend parler partout de la doctrine de la race d’élite aryenne et des chambres à gaz pour les juifs, mais personne ne connaît l’origine de ces faits (22) ». Suite à l’exposé de ces derniers arguments, le lecteur peut se poser des questions sur la responsabilité réelle du régime nazi qui aurait été soit manipulé par les « Illuminati » (23), soit dans une situation de légitime défense face à la conspiration mondiale. Car selon l’auteur, la barbarie des Juifs semble bien supérieure à celle des nazis. Leur dieu « exigea d’eux de nombreux sacrifices humains, beaucoup de guerres » et l’histoire sainte des Hébreux « devrait s’appeler l’histoire criminelle des Hébreux. On peut y dénombrer plus de soixante-dix massacres et génocides, sans compter les crimes, les pillages, les viols, les incestes et autres atrocités. Le pire est qu’aucun de ces crimes n’est jamais puni. Au contraire, c’est Yahvé qui ordonne ces méfaits, et ils correspondent bien aux principes du Talmud (24). »


Notes :
(1) Le « Livre jaune » est une expression qui renverrait dans ces milieux à la mise par écrit de témoignages d’extraterrestres sur leur politique terrienne.
(2) Sur les liens entre le New Age et certaines droites radicales, cf. Nicholas Goodrick-Clarke, Savitri Devi, la prêtresse d’Hitler, Saint-Genis-Laval, Akribeia, 2000, pp. 287-328.
(3) Peter Moon croit en l’existence d’une conspiration (le Montauk Project) visant à contrôler diverses institutions de renseignement américaines comme la CIA de la part d’anciens de la SS, de la Gestapo et du SD, le service de renseignement du parti nazi. Cf. Peter Moon, The Black Sun, New York, Sky Books, 1997
(4) Voir notamment au sujet de van Helsing : Nicholas Goodrick-Clarke, Black Sun. Aryan Cults, Esoteric Nazism and the Politics of Identity, New York, New York University Press, 2002, p. 293. Il y a aussi quelques renseignements utilisables chez Peter Moon, The Black Sun, op. cit.
(5) Pierre-André Taguieff, « Les textes fondamentaux de l’ésotérisme », Le Point, hors série nº 2, mars-avril 2005, p. 15.
(6) Le terme de Merkaba n’est pas ici à entendre dans le sens de la vision du char divin du premier livre d’Ézéchiel et des tentatives mises en place pour renouveler cette expérience mystique. Si la Merkaba fut un élément capital de la mystique juive antique (« C’est une très grande chose que la Merkaba » Sukkah 28a), elle n’a plus de lien réel dans le New Age avec la mystique juive et s’entend comme la partie énergétique de l’homme.
(7) Jan van Helsing, Les sociétés secrètes et leur pouvoir au XXe siècle, Ewertverlag SL, 1995, pp. 7-8.
(8) Ibid., p. 8.
(9) Jan van Helsing, Livre jaune nº 5, Les Éditions Félix, 2001, pp. 149-150.
(10) Ibid., p. 149.
(11) Ibid., p. 140.
(12) Louis Pauwels et Jacques Bergier, Le Matin des magiciens, Paris, Gallimard, 1960, p. 345.
(13) Jan van Helsing, Livre jaune nº 5, op. cit., pp. 149-150 et p. 154.
(14) Ibid., p. 142.
(15) Ibid., p. 143.
(16) Ibid., pp. 144-148.
(17) Ibid., p. 155.
(18) Ibid., p. 154.
(19) Jürgen Ratthofer et Ralph Ettl, Das Vril-Projekt, Michael Dämbock, 1992.
(20) Nicholas Goodrick-Clarke, Black Sun, op cit., p. 172.
(21) Jan van Helsing, Livre jaune nº 5, op. cit., pp. 173-174.
(22) Ibid., p. 139.
(23) Le mot « Illuminati » est pour van Helsing un artifice pour remplacer le mot « juif », car derrière eux se cachent la « banque juive », la famille Rothschild, les « Sages de Sion », etc.
(24) Jan van Helsing, Livre jaune nº 5, op cit., p. 65.


Emmanuel Kreis est doctorant à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes. Il a établi, annoté et introduit l'anthologie Les puissances de l'ombre (CNRS, 2009). Il est le co-auteur, avec Stéphane François, du Complot cosmique. Théorie du complot, ovnis, théosophie et extrémistes politiques (Milan, Archè, 2010). Le texte qui précède en est extrait. Merci aux auteurs pour nous avoir autorisé à le reproduire ici.

Concernant le Livre jaune n° 5 mais aussi le Livre jaune n° 6 et n° 7, on lira également avec profit les deux ouvrages de Pierre-André Taguieff, La Foire aux Illuminés et L'Imaginaire du complot mondial parus aux éditions des Mille et une nuits (2005).