Une frange minoritaire du rap tombe parfois dans le complotisme, comme lorsque Booba devient l’un des plus gros vecteurs de propagande russe sur les réseaux sociaux francophones.

Quel est le rapport entre le rappeur Booba et la guerre en Ukraine ? Le complotisme. Le rappeur français aux 20 ans de carrière, qui compte plus de 5 millions d’abonnés rien que sur Twitter, a embrassé la cause de Vladimir Poutine et est devenu une nouvelle figure de proue du complotisme sur les réseaux sociaux, une dynamique déjà enclenchée avec la crise du Covid.

Il n’est pas le seul dans ce cas, même si cette tendance est marginale au sein du rap : Keny Arkana, Rohff, ils ont aussi montré une adhésion à des théories du complot à travers leur musique, tout comme Freeze Corleone qui a même fait l’objet d’une dénonciation de la Licra et d’une enquête, en 2020, pour des références douteuses dans plusieurs de ces morceaux, ce qui lui avait valu à l’époque dêtre lâché par Universal.

Pourquoi les références conspis sont-elles plus présentes dans le rap que dans d’autres genres musicaux ? Est-ce une histoire de codes, de style, ou l’expression d’un vrai courant politique parmi ces musiciens ? Il y a sans doute des deux, de certains artistes qui s’approprient des mythologies complotistes le temps d’un morceau ou d’un clip, à la frange identitaire du rap, avec des rappeurs qui assument leur message d’extrême droite, comme Kroc Blanc.

Le complotisme dans le rap, c’est le 25e épisode de Complorama, avec Rudy Reichstadt et Tristant Mendès France.

 

Voir aussi :

Rap : We Need to Talk About Keny

Antisémitisme et complotisme au cœur du prix « Echo », les « Victoires de la Musique » allemandes