Le MRAP, l'ONU, le 11 Septembre...
Le représentant du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) auprès des Nations Unies à Genève est-il un adepte des thèses de Thierry Meyssan ? C’est la question que l’on peut se poser au terme de l’émission « Du grain à moudre » diffusée sur France Culture lundi 23 mars 2009.

Le sujet du jour était « Faut-il boycotter DURBAN II ? ». Pour en débattre, Julie Clarini et Brice Couturier recevaient la journaliste et essayiste Caroline Fourest, l’historienne Malka Marcovich (auteur de Les Nations désunies, éd Jacob-Duvernet, 2008 – ci-contre), Denis Sieffert (Politis) et, par téléphone, Gianfranco Fattorini, représentant du MRAP auprès des Nations Unies à Genève.

A la 18ème minute, Brice Couturier revient sur le contenu d’une lettre que Gianfranco Fattorini a adressé au Président de la République en mars 2008, dans le cadre du suivi du programme d’action de la conférence de Durban :

« Sur les Tours jumelles, je peux vous interrompre ? Parce que vous écrivez quelque chose qui m’a intéressé dans la lettre au Président de la République, vous dites : « Trois jours après la fin de la conférence de Durban, les tours jumelles de Manhattan se sont écroulées, rares sont ceux qui connaissent exactement les tenants de cet événement ». Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? « rares sont ceux qui connaissent exactement les tenants de cet événement » ? c’est-à-dire que, pour vous, il y a un doute sur les auteurs de cet attentat, c’est ça ? »

Visiblement gêné si l’on en juge par le ton de sa voix, Gianfranco Fattorini répond : « Il n’y a pas de doutes mais, dans le sens que « comment ça a pu arriver », personne ne le sait exactement. Et on ne le saura jamais, personne ne pourra donner exactement la réponse de savoir comment cet événement a pu arriver. Mais là n’est pas la question ».

Habile manière d’éluder la question… Gianfranco Fattorini dit une chose et son contraire, dans la même phrase : « Il n’y a pas de doutes »,(sous-entendu, « sur l’identité des auteurs des attentats »). Puis : « Personne ne sait exactement », « on ne saura jamais comment cela a pu arriver »

Relisons le passage dans lequel le représentant du MRAP fait part de sa vision du 11-Septembre (cliquez sur l’extrait ci-dessous pour l’agrandir) :

« Rares sont ceux qui connaissent exactement les tenants de cet événement ». Sous-entendu : « une poignée d’initiés savent, eux, exactement comment tout cela s’est passé ».

Il va de soi que tous les événements historiques conservent, à jamais, une part d’indicible compte tenu de l’impossibilité qui est la nôtre de reconstituer, a posteriori et dans le détail, les faits et gestes de chacun de leurs protagonistes – qui peuvent se compter par centaines, par milliers, parfois par dizaines de milliers pour des événements tels que les attentats du 11 septembre 2001.

Mais est-ce bien là ce à quoi Gianfranco Fattorini fait référence lorsqu’il dit qu’« on ne saura jamais comment cela a pu arriver » ?

Voir aussi :
* Richard Falk : un conspirationniste à l’ONU
* La « lettre ouverte » de Malka Marcovitch au Président du MRAP, Mouloud Aounit