L’idéologie qui a conduit Anders Behring Breivik à s’attaquer à l’Etat norvégien, puis à des militants du Parti social-démocrate, en juillet 2011, n’est pas que le délire d’un homme seul : c’est une construction intellectuelle qu’il explique dans son manifeste "2083" – une déclaration d’indépendance européenne, qui s’avère être surtout une compilation des écrits d’auteurs anglo-saxons appartenant à la frange la plus radicale du mouvement néoconservateur.

L’enquête du journaliste norvégien Oyvind Strommen, La Toile brune (Actes Sud, 206 p., 21 euros), montre bien l’obsession qui s’est emparée depuis le début des années 2000 d’une partie significative des droites radicales xénophobes en Europe occidentale. Il s’agit de la peur d’Eurabia, néologisme forgé en 2006 par l’essayiste Bat Ye’Or, désignant un continent et une culture européens soumis de leur plein gré à l’islam et à son corpus de lois normatives, la charia, ayant renié leurs racines "judéo-chrétiennes" et de surcroît en voie d’être démographiquement submergés par les musulmans, au point que les Européens "de souche" deviendraient bientôt minoritaires. (…)

Lie la suite sur le site du Monde.

Voir aussi, sur Conspiracy Watch :
* Bat Ye’or, Oriana Fallaci et "Eurabia" (extrait de La Toile brune, d’Oyvind Strommen)
* Une mise au point sur "Eurabia" (entretien avec Caroline Fourest)
* Le ”péril islamique” existe-t-il ?