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« La plus grande force spirituelle de tous les temps »

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Publié par David Medioni16 février 2026,

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« La bêtise insiste toujours. On s’en apercevrait si l’on ne pensait pas toujours à soi » écrit Albert Camus. Dans La Peste, le prix Nobel de littérature raconte la façon dont une société se choisit ou non une éthique de conduite vis-à-vis d’un péril commun. En le paraphrasant, la publication des 3 millions de pages de l’affaire Epstein par le ministère de la Justice américain vient, elle, confirmer une certitude : « la haine insiste toujours ».

Ainsi, fâchés de ne pas trouver de preuves tangibles de l’assassinat supposé de Jeffrey Epstein, ou de l’existence d’un réseau pédosataniste mondial, les complotistes se lancent dans une campagne de dénigrement de leurs détracteurs qui confine au harcèlement. Ce n'est pas la première.

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Montage CW.

« La bêtise insiste toujours. On s’en apercevrait si l’on ne pensait pas toujours à soi » écrit Albert Camus. Dans La Peste, le prix Nobel de littérature raconte la façon dont une société se choisit ou non une éthique de conduite vis-à-vis d’un péril commun. En le paraphrasant, la publication des 3 millions de pages de l’affaire Epstein par le ministère de la Justice américain vient, elle, confirmer une certitude : « la haine insiste toujours ».

Ainsi, fâchés de ne pas trouver de preuves tangibles de l’assassinat supposé de Jeffrey Epstein, ou de l’existence d’un réseau pédosataniste mondial, les complotistes se lancent dans une campagne de dénigrement de leurs détracteurs qui confine au harcèlement. Ce n'est pas la première.

Se choisissant l’éthique de conduite d’un Cottard, l’un des personnages du roman de Camus qui profite de la peste pour continuer ses trafics et échapper à l’arrestation, les complotistes font diversion. Plutôt que de remettre en question leurs « vérités » jamais confirmées, ils distillent leur haine contre celles et ceux qui tentent patiemment d’y voir clair, d'enquêter sérieusement, de vérifier et de recouper les informations contenues dans cette masse de documents.

Qu'un de leurs compagnons de route s'avise de mettre ses pas dans ceux de Jean-Marie Le Pen en expliquant à l'antenne de BFM TV que les victimes du trafic pédocriminel d'Epstein ne sont qu'un « détail », et ils s'empressent de l'absoudre et de le célébrer. Mais lorsque nous nous risquons à contredire ou simplement nuancer leurs certitudes, ils sonnent l'ouverture de la chasse. L’équipe de Conspiracy Watch est ainsi attaquée de toutes parts depuis la publication des Epstein Files.

On travestit nos analyses, on invente purement et simplement des citations destinées à mettre dans notre bouche des mots que nous n'avons jamais prononcés. Déçu de ne pas trouver le moindre lien entre nous et Jeffrey Epstein, on souligne le fait que nous sommes soutenus financièrement depuis quelques années par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS). Pourquoi ? Tenez-vous bien. Le financier américain échangeait des e-mails avec Ariane de Rothschild, épouse (et aujourd'hui veuve) de Benjamin de Rothschild (1963-2021), l'héritier de la branche suisse de la famille Rothschild. Or, l'un des anciens président de la FMS s'appelle David de Rothschild. Il n'appartient pas à la branche suisse de la dynastie et n'avait de toute façon pas d'interaction avec Jeffrey Epstein. Mais, pour les complotistes, ce patronyme partagé est une preuve de collusion et, par extension, un motif suffisant pour entacher l'indépendance éditoriale de Conspiracy Watch !

Ces attaques, on le voit, vont de pair avec une libération décomplexée de la parole antisémite. On a ainsi vu fleurir des montages assistés par IA grimant les membres de notre équipe en juifs orthodoxes. Ou des twittos demander à Grok (le bot IA de X) « à quel groupe ethno-confessionnel » certains d'entre nous appartenions.

La haine insiste, oui. La connerie aussi. Cette « Connerie avec un C majuscule » que Romain Gary tenait pour « la plus grande force spirituelle de tous les temps ».

 

[Ni la FMS ni aucun membre de la famille Rothschild n'ont été consultés préalablement à la publication de cet édito. Aucun animal n'a été maltraité non plus.]

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à propos de l'auteur
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David Medioni
Journaliste indépendant, David Medioni anime l'émission « Les Déconspirateurs ». Il collabore à Franc-Tireur, La Tribune et CB News. Directeur de l'Observatoire des médias de la Fondation Jean-Jaurès, il est également le fondateur et le rédacteur en chef du magazine littéraire en ligne Ernest. Essayiste, il a publié plusieurs essais aux éditions de l'Aube : Être en train. Récits sur les rails, Eloge de la séduction, L'an zéro du tourisme (avec Jean Viard), et Quand l'info épuise (avec Guénaëlle Gault).
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