Jean-Dominique Michel (capture d’écran YouTube, avril 2020).

Jean-Dominique Michel est une personnalité évoluant dans la mouvance conspirationniste francophone.

Le 18 mars 2020, il publie sur son blog un article dans lequel il se prononce en faveur de l’efficacité de l’hydroxychloroquine comme traitement contre la Covid-19. Selon lui, « Raoult a relevé avec ironie qu’il n’était pas impossible que la découverte d’une nouvelle utilité thérapeutique pour un médicament tombé de longue date dans le domaine public soit décevante pour tous ceux qui espèrent un prix Nobel grâce à la découverte fracassante d’une nouvelle molécule ou d’un vaccin… sans oublier la perspective des dizaines de milliards de dollars de revenus à prendre, là où la chloroquine ne coûte littéralement rien. »

Comme le souligne Libération, Jean-Dominique Michel s’applique dans ce texte à « banaliser » et relativiser l’épidémie de Covid-19 : « Je l’ai dit et je le répète : le même traitement politique ou journalistique appliqué à n’importe quel épisode de grippe saisonnière nous terrifierait tout autant que l’épidémie actuelle. Comme la mise en scène (avec décompte en live des victimes) de n’importe quel problème sanitaire d’envergure, qu’il s’agisse des maladies cardiovasculaires, des cancers ou [des] effets de la pollution atmosphérique [qui] nous feraient frissonner d’effroi tout autant et même infiniment plus ! ».

Dans une seconde partie, Jean-Dominique Michel fait l’éloge du professeur Raoult. Et de conclure : « Soyons donc patients et appliqués. Une fois cette hallucination collective passée, il sera alors temps de faire un rigoureux “post-mortem” des décisions sanitaires et de chercher à comprendre ce qu’il s’est passé pour qu’on génère cet invraisemblable gâchis sociétal… »

Se présentant comme un « anthropologue médical et expert en santé publique », Jean-Dominique Michel devient rapidement une icône de la complosphère pro-hydroxychloroquine.

Le 19 juillet 2020, il prend la pose aux côtés de la vidéaste complotiste Ema Krusi [archive].

Le 5 août 2020, il met en ligne une vidéo intitulée « Comment répondre à quelqu’un qui vous traite de complotiste ?! » dans laquelle il déclare notamment :

« Comme on voit quand même une destruction de nos sociétés, de nos économies, une mise à genoux des pays et une espèce de mafia tentaculaire numérique et transhumaniste qui est en train de recueillir tous les fruits de ce psychodrame invraisemblable qui a été généré, se pose effectivement la question de savoir s’il y a une orchestration. On voit quand même que l’OMS, les gouvernements, les GAFAM – Facebook, Twitter… –, les panels d’experts, la Task Force… réagissent tous de la même manière, d’une manière qui, ouvertement, est malhonnête à certains égards. Et donc on est en droit de se demander : “Mais bon sang qu’est-ce qui se passe ?” Faut rappeler que des complots, il y en a eu énormément dans l’histoire de l’Occident […] ».

Et de conclure :

« Pour le dire en deux mots, et c’est pas très élégant je m’en excuse, mais quelqu’un qui vous traite de “complotiste”, rangez-le d’emblée dans la catégorie des gens qui ne sont pas capables de penser et de dialoguer “jusqu’à preuve du contraire”, et comme ça vous vous éviterez bien des mésaventures. »

Le 20 août 2020, Jean-Dominique Michel est l’invité de l’émission du vidéaste complotiste Silvano Trotta. Il y explique que « la Covid, c’est un business à 100 milliards de dollars » et qu’il existe toute une industrie qui, pour capter cette manne financière, « a besoin d’entretenir une psychose collective ». Il poursuit :

« Le masque ne sert à rien, est suffoquant et porte atteinte à l’intégrité corporelle. […] Je partage tout à fait l’analyse de Perronne : tout ce qui pouvait être fait de faux et de mauvais a été fait. […] Mes blogs ont eu 9 millions de lecteur. Le Monde peut aller se rhabiller. […] Je suis un très bon expert. […] Je trouve époustouflant que le rédacteur en chef d’une revue médicale, un ancien directeur d’hôpital, un responsable de système sanitaire, postent des monstruosités à mon sujet alors qu’ils me connaissent et qu’ils savent qui je suis ! […] J’ai dû me battre contre mon gouvernement pour trouver de l’hydroxychloroquine parce que j’étais malade du Covid. Et j’ai pu arranger un deal clandestin sur un parking pour obtenir un médicament qui pouvait me sauver la vie. On vit dans quel monde ?! […] J’ai des profs de médecine qui m’ont injurié en me disant que j’étais dangereux. »

Et de conclure, à l’adresse de Silvano Trotta : « Heureusement que des électrons libres comme toi et moi osent prendre leurs responsabilités. »

 

(Dernière mise à jour le 13/11/2020)