Capture de la page Facebook de Kemi Seba (10 février 2018)

En marge d’un festival culturel organisé en Guadeloupe à l’initiative de l’association Racines, Kemi Seba a rencontré, le 10 février 2018, le syndicaliste Élie Domota.

Publiées sur Facebook, les photos de la rencontre, point d’orgue de la « tournée anti-impérialiste » de Kemi Seba, montrent Élie Domota arborant un large sourire et faisant une accolade à l’activiste anti-franc CFA. Le commentaire qui les accompagne affirme :

« Cette rencontre (nous le savons de source sûre) inquiète intensément le pouvoir français. Et nous le comprenons. Il ne s’attendait pas à cette alliance entre 2 fronts déterminants de la lutte contre le colonialisme français.

Une rencontre exceptionnelle, émouvante. Un coup de foudre affectif entre le leader du LKP de Guadeloupe et nous. L’unité ne peut se faire en priorité que sur des bases communes. Toutes celles et ceux qui combattent les affres du capitalisme barbare ne peuvent finir que par s’unir. A fortiori lorsqu’ils sont issus du même peuple. On se libérera, en Afrique, et aux Antilles, peu importe le temps que cela mettra ».

Racines, une association culturelle de Pointe-à-Pitre présidée par Marie-José Tirolien-Pharaon avait programmé trois événements autour de Kemi Seba  : une conférence, une rencontre avec des jeunes et un club de lecture où le leader d’« Urgences panafricanistes » a pu assurer la promotion de ses livres. Le dossier de presse et les autres supports de communication mis en ligne par l’association sont silencieux sur les multiples décisions de justice ayant condamné Kemi Seba pour incitation à la haine raciale et son passé d’activiste antisémite. Pourtant, la présidente de l’association Racines semble être consciente de la dimension sulfureuse de cette figure de la complosphère : dans une interview, elle évoque des difficultés à trouver une salle pour la tenue de la conférence.

Affiche de la “tournée” de Kemi Seba en Guadeloupe (février 2018).

En 2009, Élie Domota avait incarné le mouvement de grève lancé en Guadeloupe par sa formation syndicale, le LKP. Secrétaire général de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), il est considéré comme l’un des porte-paroles des sans-voix aux Antilles. L’une de ses dernières apparitions médiatiques concerne ainsi les conséquences du passage de l’ouragan Irma aux Caraïbes. En mai dernier, lors de la commémoration du massacre de mai 1967, il avait accepté de répondre aux questions de Raphaël Berland pour Le Cercle des volontaires – un site conspirationniste notoire.

Invitée à commenter la rencontre de son leader avec Kemi Seba, l’UGTG ne nous a apporté aucun élément de réponse à ce jour. Élie Domota demeure quant à lui injoignable.

 

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