Le Conspiracy Film Festival organisé le week-end prochain à Lausanne propose la diffusion d’une série de films aux relents conspirationnistes. Le site qui lui est consacré présente les choses ainsi :

« Des millions d’internautes les ont vus. Des milliers de blogs en parlent. Les films sur la théorie du complot sont devenus la contre-culture de masse sur internet. Pour la première fois en Suisse, un festival leur ouvre l’écran. Attention, avec le Conspiracy Film Festival, vous risquez de ne plus voir le monde comme avant ! »

Parmi les films présentés, on trouve le désormais célèbre Loose Change, de Dylan Avery, Le Monde selon Monsanto, de Marie-Monique Robin et Zeitgeist, un film qui se situe « au sommet des hit-parades depuis 2007 » et qui « ne circule que sur internet ». « Selon les décomptes, près de 100 millions de visionnements sont au crédit de ce film de propagande qui met en lien l’histoire des religions, les zones d’ombre des attentats du 11 septembre et la Réserve fédérale des Etats-Unis. Après deux heures de documentaire à charge, un constat, au moins, s’impose : en matière de théorie du complot, jamais l’offre et la demande ne se sont aussi bien portées. Et, via le net, n’ont eu de tels moyens de prospérer » (source : François Barras, « Ces complots qui ont la peau dure », 24 heures, 10 mars 2009).

C’est le journaliste Didier Bonvin qui est à l’origine de cette initiative. Disant avoir été « interpellé par l’ampleur du phénomène » conspirationniste, il se borne à constater « l’existence et la prolifération de ces théories alternatives ». Interrogé par le journal 24 heures, il affirme regretter « le peu de travail journalistique opéré autour des attentats du 11-Septembre, qui demeurent, selon lui, entourés de zones d’ombre immenses ».

Le « peu de travail journalistique »… Comme les « conspi-friendly » dont nous parlions récemment, Didier Bonvin ignore sans doute les travaux de Jean Guisnel et Guillaume Dasquié, ou ceux des revues américaines Popular Mechanics et Skeptic. Sans doute ignore-t-il également l’existence du site mis en ligne par Rue89 pour lutter contre la désinformation sur le 11-Septembre. Il n’a pas dû non plus avoir connaissance du documentaire de Stéphane Malterre diffusé en avril 2008 sur Canal +. Vous avez dit « journaliste » ?