L'énigme Céline
Annick Duraffour & Pierre-André Taguieff, Céline. La race, le Juif (Fayard, 2017, 1 170 pages).

Peut-on vraiment séparer le romancier génial de l’antisémite virulent ?

Écrivain maudit au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Céline est devenu progressivement l’objet d’une admiration qui va jusqu’à le hisser au premier rang des auteurs français du XXe siècle. L’ennui est que Céline est aussi un antisémite fanatique « sans équivalent dans le monde littéraire ». Que faire de cette antinomie ? Les partisans de Céline adoptent des positions différentes, entre minimiser la passion antijuive de l’auteur de Bagatelles pour un massacre ou séparer nettement l’oeuvre romanesque, la seule qui compte, des pamphlets circonstanciels de Céline.

Pierre-André Taguieff et Annick Duraffour observent au contraire « l’entrecroisement de la littérature, de la propagande et d’un engagement politique atypique, sur fond de croyances idéologiques auxquelles les spécialistes de Céline attachent le plus souvent peu d’importance ». La première tâche des auteurs a donc été d’analyser le corpus des lectures qui ont inspiré à l’écrivain sa vision du monde, les antisémites, les hygiénistes, les théoriciens de l’eugénisme, du darwinisme social, de l’anthropologie physique et des théories raciales, ou encore des obsessions conspirationnistes – un préalable à tout essai de compréhension de Céline. De cette exigence, il résulte un essai magnifique d’érudition et passionnant d’un bout à l’autre. (…)

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