Visuel édité par la Dissidence française (2017).

La « Remigration » est un concept-clé de l’extrême droite identitaire. Conçue comme « le retour dans leurs pays d’origine d’une grande partie des immigrés et descendants d’immigrés », elle est intimement liée à la crainte d’un « Grand Remplacement » migratoire, tel que théorisé par Renaud Camus. Ainsi, pour Fabrice Robert, le président des « Identitaires », elle serait « la seule option à même de garantir un avenir pacifié à notre pays et de préserver son identité ». Civitas, l’organisation catholique d’extrême droite présidée par Alain Escada, en fait aussi son cheval de bataille, de même que la Dissidence française de Vincent Vauclin. En février 2019, Emmanuelle Gave, éphémère candidate du parti de Nicolas Dupont-Aignan Debout la France aux européennes, a proposé de « [poser] la “remigration” sur la table ».

Pour Sasha Havlicek et Cécile Guerin, de l’Institute for Strategic Dialogue, une organisation de lutte contre l’extrémisme, « la remigration est un nouvel euphémisme pour un phénomène ancien, à savoir le déplacement forcé de populations entières. […] Jusqu’à récemment confiné dans les cercles fermés des colloques de [la mouvance identitaire], ce concept commence néanmoins à faire son chemin plus largement dans la fachosphère et même plus largement dans le discours politique français. »

Le concept essaime également à l’étranger. En Allemagne, le parti d’extrême droite AfD (Alternative für Deutschland) appelle ouvertement, dans son programme pour les élections européennes 2019, à la « remigration, au lieu de l’immigration de masse ». Le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) également.

 

(Dernière mise à jour : 22/06/2019)