Clémentine Autain s’est désolidarisée hier des propos de Jean-Luc Mélenchon sur l’assassinat de l’opposant russe Boris Nemtsov.

Au cours de la semaine, le leader du Parti de Gauche avait qualifié Nemtsov, ancien vice-Premier ministre de Boris Eltsine, de « voyou politique ordinaire » et d’« illustrissime inconnu avant son meurtre » (sic). Dénonçant un « déchaînement de (…) propagande antirusse », il avait accusé Le Monde de recopier « sans nuance ni recul, la notice de l’ambassade des Etats-Unis », estimant que « la victime politique numéro un de cette histoire, c’est Vladimir Poutine ». « À qui profite le crime ? Certainement pas à Vladimir Poutine : cet assassinat arrive pour lui au plus mauvais moment sur le plan international et au plus mauvais endroit » écrivait Jean-Luc Mélenchon. « Je suis persuadé que le gouvernement russe va faire son possible pour faire la lumière sur l’assassinat de Nemtsov » avait-il également écrit sur Twitter.

Dans un entretien à Libération, auquel a réagi Jean-Luc Mélenchon par Facebook interposé, Clémentine Autain affirme qu’elle « ne sait pas qui a tué Nemtsov. Il n’est pas certain que Vladimir Poutine soit impliqué dans cet assassinat, même s’il s’agissait de l’un de ses principaux opposants et qu’il s’apprêtait à rendre un rapport sur l’implication militaire russe en Ukraine ». Pour elle, « la première victime de cette affaire n’est pas Poutine mais Nemtsov. Etre lucide sur le jeu des Etats-Unis est une chose. Mais de là à laisser penser qu’il s’agirait d’une opération des services secrets américains, il y a un pas que les responsables politiques ne devraient pas franchir car il nourrit l’approche complotiste ».

(Mise à jour : 08/03/2015)