Douze perquisitions ont été menées ce matin au siège du Centre Zahra France et aux domiciles de ses dirigeants, dans le cadre des dispositions légales antiterroristes. Sans surprise, son fondateur, Yahia Gouasmi, figure de la complosphère « antisioniste », accuse Israël.

Yahia Gouasmi (Grande-Synthe, 2 octobre 2018 ; capture d’écran : Figaro Live)

L’opération de police menée ce mardi 2 octobre à Grande-Synthe (Nord) contre le Centre Zahra France a abouti au placement en garde à vue de trois personnes, notamment pour détention illégale d’arme à feu. La veille, le ministre de l’Intérieur et celui de l’Economie et des Finances avaient pris un arrêté gelant les avoirs durant six mois de ce centre et de trois autres associations qui lui sont liées : la Fédération Chiite de France, le Parti Antisioniste et France Marianne Télé. Les responsables du Centre Zahra seraient soupçonnés par les autorités de faire l’apologie de mouvements terroristes comme le Hamas palestinien ou le Hezbollah libanais – ce dont ils ne se sont jamais cachés.

Fondé en 2005 par Yahia Gouasmi, Jamel Tahiri et Abdelkrim Khalid, le Centre Zahra relaie en France la propagande du régime islamiste chiite iranien, avec – sans surprise – la même hostilité obsessionnelle envers Israël et le « sionisme ». A l’appui de cette propagande, le Centre Zahra ne lésine pas sur les thèses conspirationnistes. Il l’a fait dans le passé en dénonçant par exemple dans l’attentat du 7 janvier 2015 contre la rédaction de Charlie Hebdo un « attentat sioniste », mais aussi tout récemment encore. C’est ainsi qu’en 2017, à l’occasion de la fête de Achoura – la plus importante du calendrier chiite –, Khalid Abdelkrim tenait les propos qui suivent (voir ici, à partir 12’30’’) :

« Ceux qui pensent être les maîtres de ce monde entretiennent leur entente et leur intérêt. Ils manipulent nos pensées et programment même nos orientations. Ils décident des guerres. […] Ils monopolisent nos finances, ils gèrent notre économie, ils sèment le désordre et contrôlent les médias. Leur politique n’est qu’une mainmise en réalité sur les ressources et les richesses du monde, engendrant encore plus d’injustices et de terrorisme qu’ils alimentent et manipulent. […] Surtout, nous devons ne pas nous retourner sur ce Veau d’Or [que sont] les Omeyades saoudites et les sionistes. […] Je prie Dieu d’assister le peuple, les frères, les croyants dans le Shâm [la Syrie – ndlr] contre la division du Grand Satan et de son fils, l’entité sioniste qui a pris pour nom Israël. »

Yahia Gouasmi s’est fait connaître lors des élections européennes de 2009. Le Parti Antisioniste (PAS), dont il est le fondateur, avait alors présenté une « liste antisioniste » aux côtés de Dieudonné M’Bala M’Bala et Alain Soral. Quelques années plus tard, une déclaration de ce dernier sur le financement de la campagne de 2009 (« Si on a pu faire la liste antisioniste qui a coûté 3 millions d’euros, c’est parce qu’on a eu l’argent des Iraniens ») avait provoqué des remous parmi ses anciens alliés. Il s’était rétracté par la suite, précisant que sa lange avait fourchée et qu’il ne s’agirait en fait que de 300 000 euros.

Lire, sur L’Express« Les amis très particuliers du centre Zahra »

Lors d’une conférence de presse au Théâtre de la Main d’Or pendant la campagne de 2009, Yahia Gouasmi avait déclaré que « derrière chaque divorce, il y a un sioniste ». A la suite de la perquisition de la police ce matin, Yahia Gouasmi est resté fidèle à son antisionisme démonologique, en déclarant très sérieusement à la presse« c’est Israël qui est derrière ça ». Et de préciser : « parce que nous, on soutient le Hezbollah ».