''Unlawful Killing'', le film complotiste sur la mort de Lady Di, ne sera pas distribué
Présenté l’année dernière en marge du Festival de Cannes, Unlawful Killing (“Exécution arbitraire”) tient plus du brûlot conspirationniste que de l’enquête documentaire. Réalisé par le comédien Keith Allen (le père de la chanteuse Lily Allen), le film défend la thèse de l’homme d’affaire égyptien Mohamed Al-Fayed, qui l’a d’ailleurs financé à hauteur de 2,5 millions de dollars.

Selon Al-Fayed, son fils, Dodi, et la princesse de Galles, auraient en fait été assassinés dans le cadre d’un complot ourdi par le Prince Philip et mis en oeuvre par les services secrets britanniques, pour éviter que Diana, mère d’un futur roi d’Angleterre, n’épouse un musulman. Les services secrets français se seraient quant à eux chargés de maquiller la scène du crime en accident de la route.

Unlawful Killing est une charge au vitriol contre la monarchie britannique décrite comme une « mafia en diadèmes ». La reine Elizabeth II, dont une image grimaçante apparaît au générique, est nommément prise à partie tandis que le Prince Philip est présenté comme un malade mental au passé nazi.

Alors que la société de production de Mohamed Al-Fayed, Allied Stars, avait prévu de lancer le film fin août, pour marquer le 15ème anniversaire de la mort de Diana, elle a annoncé la semaine dernière, par la voix de son président, Conor Nolan, qu’elle le remisait aux oubliettes au motif qu’elle n’a pas pu obtenir une assurance particulière protégeant les distributeurs en cas de poursuites judiciaires. Les avocats de la production avaient recommandé que 87 allégations litigieuses contenues dans le film soient coupées avant toute projection au Royaume-Uni afin de ne pas enfreindre la législation britannique sur la diffamation. Unlawful Killing aurait dû sortir simultanément dans sept pays : les Etats-Unis, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas, l’Inde et la Russie.

En 1999, l’enquête judiciaire française sur la mort de la princesse Diana le 31 août 1997 dans le tunnel du pont de l’Alma à Paris avait conclu à un accident provoqué par une vitesse excessive et un chauffeur qui avait trop bu. En décembre 2006, la justice britannique en était arrivée à la même conclusion au terme d’une enquête de trois ans. Après la réouverture du dossier sous la pression de Mohamed Al-Fayed, le juge Scott Baker, de la Haute Cour de Londres, avait affirmé fin mars 2008 qu’« aucun élément » n’étayait la théorie du complot défendu par le père de Dodi. « Il n’y a aucun élément montrant que le duc d’Edimbourg a ordonné l’exécution de Diana, ou que les services secrets ou toute autre agence gouvernementale l’ait organisée. (…) Il n’existe aucun début de preuve soutenant les allégations de Mohamed Al-Fayed ». Les théories du complot avancées par le milliardaire égyptien sont « si manifestement infondées » que même ses avocats ont renoncé à les défendre, avait-il poursuivi.

Le juge Baker avait également déploré les mensonges de plusieurs témoins – « regrettables particularités » de cette enquête -, citant nommément le photographe James Andanson, l’ex-majordome de Diana Paul Burrell et le chef de la sécurité d’Harrods (propriété de M. Al-Fayed) John McNamara comme l’ayant admis.

En 2007 et en 2009, France 3 avait diffusé un film de Francis Gillery, auteur de Lady died (Fayard, 2006), développant la théorie du complot sur la mort de la princesse de Galles.

Voir aussi :
* Enquête Diana: le juge rejette toute idée de complot dans ses conclusions
* L’enquête sur la mort de Diana est devenue « une farce et un cirque »
* Mort de la princesse de Galles : Al-Fayed croit toujours au complot
* Mort de Lady Diana : théorie du complot écartée