Conspiracy Watch | l'Observatoire du conspirationnisme
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Le moteur de recherche des Epstein Files (capture d'écran, site du DoJ, 13/02/2026).

Les « Epstein Files » désignent une masse de documents judiciaires et d’archives personnelles collectées lors de perquisitions rendus publics par le ministère américain de la Justice (DoJ) entre décembre 2025 et janvier 2026, conformément à l'Epstein Files Transparency Act, une loi bipartisane votée par le Congrès américain en novembre 2025 et obligeant l'exécutif américain à publier l'intégralité des documents relatifs à l'affaire Epstein.

Ce fonds comprend notamment des comptes rendus d'interrogatoires, des dossiers d'enquête (mémos, rapports, témoignages d'informateurs, dénonciations reçues par la police, etc.), des courriels, des registres financiers, des manifestes de vol du jet privé de Jeffrey Epstein (1953-2019) et plus de 2 000 vidéos et 180 000 images.

Une partie de ces documents n'a pas été publiée, et de très nombreux documents publiés l'ont été partiellement caviardés au motif qu'ils contiendraient « des informations personnelles identifiables ou des dossiers médicaux », du « contenu pédopornographique » ou « des images de mort, de violence physique ou de blessures », parce qu’ils pourraient compromettre « une enquête fédérale » en cours, ou parce qu’ils sont protégés « par le secret des délibérations administratives » ou par la « confidentialité des communications entre un client et son avocat ». À noter que, dans un premier temps, des photos de victimes nues et non anonymisées ont été publiées par erreur, provoquant l'indignation des avocats des victimes.

Comme le note le New York Times, « la base de données elle-même n'est pas fiable », rappelant que le DoJ a indiqué que le dossier pouvait « contenir des images, des documents ou des vidéos falsifiés ou soumis de manière mensongère, car tout ce qui a été transmis au FBI par le public a été inclus dans le dossier produit en application de la loi ». Le New York Times remarque également que « certains documents comportent des erreurs de numérisation et des problèmes de mise en page ».

Le jeu de documents le plus important, d'un volume d'environ 3,5 millions de pages, a été publié le 30 janvier 2026. Cette mise en ligne, largement médiatisée, s'est accompagnée d'une intense activité sur les réseaux sociaux où de nombreux médias alternatifs ont alimenté une lecture outrageusement conspirationniste de l'affaire Epstein.

Comme le souligne Le Monde, « pendant la campagne présidentielle de 2024, Donald Trump a surfé sur les théories conspirationnistes autour du dossier Epstein, en dénonçant une supposée opacité de l’administration de Joe Biden sur le dossier et en promettant de rendre publics l’ensemble des documents en possession de la justice. Mais une fois revenu à la Maison Blanche, il s’est montré beaucoup plus réticent et a tenté de minimiser l’affaire ». Dans son communiqué de presse du 30 janvier 2026, le DoJ souligne : « Certains de ces documents contiennent des allégations mensongères et sensationnalistes à l'encontre du président Trump, transmises au FBI juste avant l'élection de 2020. Il convient de préciser que ces allégations sont infondées et fausses, et si elles avaient le moindre fondement, elles auraient certainement déjà été utilisées contre le président Trump ».

L'un des principaux vecteurs de désinformation est l'idée qu'il existerait une « liste » secrète répertoriant les clients ou complices pédocriminels du financier. Les autorités fédérales et les documents eux-mêmes confirment qu'il n'existe pas de liste de suspects identifiés comme complices des crimes sexuels. Le nom d'une personnalité peut apparaître dans les fichiers pour des raisons diverses et souvent anodines : échange de courriels professionnels, mention fortuite dans un témoignage, ou présence à une soirée mondaine.

Le DoJ a précisé qu'aucune preuve contenue dans ces fichiers ne permet, à ce stade, d'engager de nouvelles poursuites pénales pour crimes sexuels contre d'autres individus que Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell.

Si ces documents ne constituent ni ne révèlent une liste de coupables, ils renseignent néanmoins sur l'ampleur du réseau d'influence d'Epstein et posent des questions d'ordre éthique et politique. Les fichiers confirment en effet la proximité passée, avec le financier, de nombreuses personnalités comme Bill Gates, Donald Trump ou Bill Clinton, et parfois même après sa première condamnation en 2008. C'est le cas de la princesse norvégienne Mette-Marit, des anciens ministres Peter Mandelson et Jack Lang, d'Elon Musk, de Steve Bannon ou encore de Noam Chomsky.

En outre, les documents mettent en lumière des faits de corruption potentielle, de trafic d'influence ou de fraude fiscale impliquant des personnalités comme le prince Andrew ou Jack Lang. La publication a permis de relancer certaines enquêtes. Par exemple, une plainte pour viol a été déposée à Paris après l'identification d'un homme sur des photos publiées.

 

(Dernière mise à jour le 14/02/2026)

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