Egountchi Behanzin (capture d’écran YouTube, mars 2019).

La Ligue de défense noire africaine (LDNA) est un groupuscule afrocentriste qui se veut « panafricaine » et « anti-négrophobie ». Elle se définit comme « un mouvement pour la défense des droits des Afrodescendants et des Africains menant des actions sociales et humanitaires. »

La LDNA a été fondée et est dirigée par Sylvain Afoua, alias « Egountchi Behanzin », un trentenaire sans emploi condamné à plusieurs reprises.

Active sur les réseaux sociaux depuis 2018, la LDNA est suivie par près de 8800 personnes sur Twitter, 54.000 sur Instagram et plus de 200.000 sur Facebook.

Le 18 janvier 2019, la LDNA initie un appel au CSA pour faire cesser la pratique du blackface. L’interpellation est justifiée en ces termes : « Le respect n’est pas dû qu’au juif. »

Dans une vidéo postée sur YouTube le 19 mars 2019, Egountchi Behanzin dénonce les « négriers qui véhiculent des thèses, des théories complotistes [et] ne vivent qu’à travers les complots, parce que pour eux tout n’est que question de complot ». Le leader de la LDNA vise en fait les polémistes Alain Soral et Dieudonné M’Bala M’Bala, accusés de ne pas défendre les personnes noires et de faire de l’argent sur leur dos :

« On a trop perdu du temps à défendre les causes des autres. Il est temps maintenant que la communauté noire de France, les Noirs de France, les citoyen noirs de France, se concentrent sur leurs problèmes à eux. […] A un moment, pendant que ces personnes véhiculent des théories, des thèses complotistes, conspirationnistes, ils s’enrichissent, ils vivent dans du luxe. […] Quand vous avez des problèmes, ces personnes ne sont pas là pour vous, ces personnes ne sont pas là pour nous… Les personnes comme les Dieudonné, les Soral, qui manipulent une partie des citoyens issus de l’immigration en France, surtout les Noirs, pour leur cause à eux […]. »

En avril 2019, la LDNA se mobilise pour tenter de faire annuler l’exposition « Toutânkhamon : le trésor du pharaon » à la Grande Halle de la Villette à Paris. Réactualisant des thèses confinant au complotisme, Émilien Missuma, militant de la LDNA, déclare :

« C’est la falsification de l’histoire africaine, le blanchiment de l’histoire, et dans cette dynamique-là, il y a le blanchiment de la civilisation égyptienne. »

Le 6 juin 2019, sur son compte Twitter, la LDNA qualifie l’académicien Alain Finkielkraut de « juif de la Shoah dont l’identité a été façonnée par Hitler. »

Le 6 septembre 2019, la LDNA manifeste devant l’ambassade d’Afrique du Sud à Paris. L’un des intervenants déclare :

« La xénophobie doit s’arrêter. Si vous voulez être xénophobe, d’accord. Commencez par tuer les Blancs, commencez par tuer les Chinois, commencez par tuer les Indiens. Ne tuez pas vos frères […] nous avons la même couleur [de peau]. »

En mai 2020, des militants de la LDNA participent au déboulonnage de statues de Victor Schœlcher (1804-1893), initiateur du décret du 27 avril 1848 abolissant définitivement l’esclavage en France.

Le 6 juin 2020, la LDNA a initié un rassemblement à proximité de l’ambassade des États-Unis à Paris. Egountchi Behanzin y a tenu les propos suivants :

« La France, c’est-à-dire l’État français, est un État totalitaire, terroriste, esclavagiste, colonialiste. L’État français exploite son propre peuple, alors vous imaginez ce qu’ils font en Afrique. »

Lors du même rassemblement, un militant de la LDNA a appelé à détruire la statue de Colbert présente devant le Palais Bourbon (ministre de Louis XIV, Colbert est aussi l’initiateur du « Code noir » en 1685, ordonnance encadrant juridiquement la pratique de l’esclavage dans les colonies du Royaume de France).

 

(Dernière mise à jour le 14/06/2020)